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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

SEX-FICTION
Un blog de littérature coquine d’où les sérieux sont bannis, par George Lennick

Arum à Rome…

 Arum à Rome.

Le printemps à Rome, c’est la meilleure chose qui puisse vous arriver. Allez-y, vous verrez ! Surtout si vous aimez les vieilles pierres, les Vespas, les jeunes femmes et les fleurs. Je me souviens m’y être délecté entre avril et juillet de Rose, d’Églantine, d’Iris, de Marguerite et de Violette, toutes plus belles et plus ouvertes qu’ailleurs, y avoir défloré le bouquet, Capucine et Angélique, dans l’enceinte vierge du Vatican. Mais la fleur de Rome, l’ultime, la nec plus ultra, ça restera pour moi l’arum. Oui ! L’arum rose. Arum à Rome, rose monochrome. …

Rien à voir avec l’arum blanc si commun et qui décline toujours une teinte verdâtre, celle pisseuse d’une vieille débordée par ses fibromes, ou l’arum rouge qui semble avoir été peint par un pauvre amoureux, fou de décorum. Non, l’arum rose est justesse, finesse, délicatesse. Noblesse. L’arum n’est surtout pas une fleur rampante. D’ailleurs, délicate, elle lève sa corolle à un mètre du sol afin de vous éviter de ne trop devoir vous pencher pour la renifler. Et son calice béni est un chef-d’œuvre aux portes du divin. Imaginez un cornet rose chair, la spathe, plus doux que la soie la plus rare, lové sur lui-même en une valse envoûtante et dégradée, doté en son centre d’un fin épi jaune, le spadice, ce petit tube néon capable de chauffer comme le soleil…

Attention toutefois ! A Rome, certains arums forts de rhum vous font vite tourner la tête. C’est ce qui m’arriva il était une fois. J’étais invité à une party dans les jardins de la Villa Borghèse et comme j’avais le nez dans des arums roses exceptionnels, une jeune femme d’une beauté irréelle m’accosta. Je crus comprendre qu’elle aussi aimait ces fleurs venues d’Ethiopie et nous discutâmes en petit nègre un bon quart d’heure. Puis son garde du corps vint la chercher et elle disparut en me faisant un petit signe de la main. Dommage ! Je la connaissais seulement depuis quelques minutes mais elle me manquait déjà plus que ma femme, plus que mes enfants, plus que ma mère, plus que l’air et la lumière…

Je me retrouvais donc seul, faisant un peu plus tard corps avec les rapaces attaquant le buffet, dans l’impossibilité totale de bouger par moi-même, lorsque je sentis quelqu’un mettre la main à ma poche… Ah ! Rome et ses pickpockets !… J’en fouillais le contenu pour prendre le coupable sur le fait, mais je constatais qu’au lieu de m’être fait dérober quelque chose, une main anonyme m’avait glissé un arum rose dans la poche. Je pensais illico à ma belle étrangère, mais pas une de mes voisines de tortue romaine à l’assaut du buffet ne lui ressemblait de loin ou de près. L’arum fraîchement sectionné exsudait encore sa sève blanche. Je le portais à mon nez et fut surpris par son odeur totalement désarçonnante.

L’arum n’embaumait pas l’arum mais, phénomène tout à fait extravagant, il exhalait cette douce odeur de cyprine qui distingue le sexe de nos femmes. Mes voisins se retournèrent vers mois, yeux exorbités et narines dilatées, tels des loups ayant senti la proie. Je rempochais immédiatement la fleur comme la culotte usagée d’une conquête oubliée, le cœur battant la chamade, me cassant le cou pour voir si mon apparition se manifestait de nouveau. Car je rêvais que ce soit elle la condamnable… Sous la poussée collective j’accostais au buffet et ne fut tenté que par des petits roulés au saumon fumé, une chiffonnade rose pâle qui fit monter d’un cran mon excitation. Je portais mille fois cette fleur à mon nez, fermais les yeux et aspirais, à la recherche d’un souvenir diffus ou d’un nouveau développement. Puis je la remballais presto, tellement elle cocotait bon. Finalement, je me mis à l’écart pour l’observer. Sur son spathe de soie rose, il y avait un numéro, certainement imprimé avec la courbure de son ongle… 06.666 44 22 je crois… et toujours cette odeur satanique. Je composais fébrilement le numéro sur mon portable et Sa voix enregistrée me dit « Molte gracie », puis la communication se coupa net avant que je ne puisse dire un mot…Je restais à fureter dans les jardins jusqu’à l’extinction des dernières torchères, sans avoir la chance de la revoir. Je regagnais mon hôtel l’âme en peine et ne trouvais le sommeil qu’après m’être branlé comme un effréné dans l’arum rose qui fleurait toujours autant son sexe…

Le lendemain, j’errais comme une âme en peine dans les principaux jardins de Rome, puis, désespéré, je regagnai Fiumicino. J’étais sur le point d’embarquer lorsque mon téléphone se mit à sonner. Un message s’afficha noir sur blanc : Arum - 12 Via Cassina - camera 209.  C’était elle ! J’étais sûr que c’était elle… Je sautais dans un taxi, m’introduisais en courant dans un meublé fleuri à l’excès, au 12 de la Via Cassina, grimpais les marches des deux étages quatre à quatre… Mon cœur explosait… Je faisais sauter la serrure et enfonçais la porte 209…

 

 

 

 

 

Elle était là, parterre, allongée sur un tapis fleuri.

Elle m’attendait.

Nue.

Son sexe offert qu’elle excitait d’un doigt consciencieux n’était pas une vulve ordinaire mais une spathe épanouie du plus beau rose qui soit. De la soie épaisse et douce. La beauté branlait son spadice qui devait déjà flirter avec un bon décimètre…

Elle me fit signe de vite la rejoindre.

Sans plus parler, elle m’arracha les vêtements et glissa mon sexe dérouté entre ses seins énormes. Il se raidit en quelques secondes et devint par mimétisme plus colosse que jamais. Elle m’embrassa de toutes ses lèvres pour avaler le moindre de mes mots. Elle me voulait muet… Puis elle prit ma verge dans sa bouche et excita de la pointe piquante de sa langue mon méat urinaire qui semblait la subjuguer. Elle me régala d’ailleurs d’une amabilité que pas une femme ne m’avait concédé : elle me souffla dans le méat comme on le fait au pipeau, comme si elle voulait le gonfler ou bien envoyer l’air surchauffé par sa poitrine généreuse flirter avec ma prostate. J’étais entre Paradis et Enfer. On the verge. Puis elle me dit dans un demi souffle : « Fammi l’amore, presto ! ».

Je voulais bien lui faire l’amour mais je ne savais pas trop comment pénétrer son sexe d’arum. Je me mis en tête de la sodomiser tout en continuant à lui branler son bel épi d’or, aussi rigide que du bronze… Elle sourit et me fit signe que non merci, elle ne mangeait pas encore de ce pain-là et elle avait beaucoup mieux pour nous deux…

Elle prit ma verge d’une main ferme, son fin spadice d’or de l’autre, et elle me l’introduisit méticuleusement dans le méat qu’elle avait si patiemment dilaté. Je pigeais pourquoi… C’est elle qui pénétrait en moi, m’arrachant des larmes de bonheur ! Je me confondais en excuses… et en elle ! Car en même temps, sa spathe goulue, visqueuse et torride comme dix vagins excités, s’enroula autour de mon sexe et me le comprima tel un boa constrictor de soie rose et bouillante. Je me révélais mâle et femelle à la fois, possédant et possédé, entubeur et entubé, tout comme elle qui me ramonait consciencieusement sur peu s’en faut la pleine longueur de ma verge. Elle m’enfilait à me faire crier, et d’un autre côté je la tringlais à l’unisson avec un plaisir de possédé que je n’avais pas goûté jusqu’ici… Le sexe ultime. Mâle et femelle foutant et se faisant foutre à toi à moi… On se mélangea ainsi plus d’une heure, faisant durcir le plaisir, copulant à qui mieux mieux comme des paresseux amoureux, plus c’était lent, plus c’était suave, plus c’était profond, plus c’était bon, puis elle éjacula subitement en moi, fermez les écoutilles, tout le monde sur le pont, prêt à appareiller, bombardant ma prostate déboussolée d’une surprenante purée jaune, plus visqueuse qu’un crachat de lama furibard, plus chaude qu’un soleil à midi, purée béton que je lui réexpédiai illico franco entre ses cuisses trempes, mâtinée d’un pacson de mon sperme à son tour en fusion, glaviot chaud et fonceur smashé en fond de cour à deux cent cinquante à l’heure, sans filet, jeu set et match, éprouvant à cause de son putain de spadice encore planté en moi l’éjaculation contenue la plus longue, la plus carabinée et la plus phénoménale de mes milliers d’expériences, sans aucun doute aussi interminable, aussi intense, aussi puissante et aussi profonde que la jouissance ultime d’une femme à son comble… Heureuse…

Puis sur-le-champ, son spadice se fit mou comme un spaghetti fatigué trop longtemps au safran. Il se rétracta pour redevenir clitoris timide, d’un jaune rosé tirant sur le vieux rose. Mon sexe l’imita et reprit des proportions plus descentes. Arum était littéralement déflorée et sa vulve rétractée ressemblait pour lors à une vulgaire vulve de femme post coïtum, un peu froissée, un peu souillée, un peu lasse. Ma transalpine m’invita néanmoins à faire le soixante-neuf le plus enivrant de ma vie d’éthylique génital. En piste ! Cirque romain pour con bas de lionne et gladiateur… L’arène de Sabah vous invite au radada. Rhum au cinnamome cum péplum. Opium et cyprine. Arôme d’arum. Parfum parfait. Sacrum de Vénus. Sérum d’Eros. Scrotum coucougné. Atrium petit bonhomme. Ohm maximum. Magnum pour gastronome. Syndrome de surhomme. Aquarium et rectum. Chewing-gum curriculum VC. Quorum atteint ad libitum. Summum et Te Deum. Muséum à guichet ouvert. Petit Paradis chaud et vivant sous la langue. Septième chakra aux accras. Ciel toujours bleu au septième sous-sol. Rose de nacre joliment tuméfiée. Abricot aux rangées à peine enflées. Masque souple qui cocotte la crevette exquise. Marquise oui, mais comme dans les îles. Apnée pour diablesse. Fesses en feu liquéfié. Douces anémones marines. Fruit de mer siroté sans sa nacre. Promesses polissonnes suçotées. Conche de sel et d’iode emmêlés. Cyprée à Dieu et à Diable. Si près de Dieu et du Diable. Bol de cul à la louche. Gland cravatant la rouge gorge. Valseuses glycérinées. Bouche de pompier peinte en Carmen. Tuba marbre de Neptune. Trompette de l’art renommée…

Vous connaissez la musique… on s’aima longtemps, jusqu’au matin blême. Je crois, le bouquet, que je m’endormis à bout, le nez fourré dans sa chatte brûlante, cette trop belle fleur subitement redevenue animale à cause d’émois et de moi…

Quand je me réveillais elle n’était plus là et j’avais un peu froid.

Sur la table de chevet branlante, un arum pisseux privé d’arôme, pis se mourait dans un vase de nuit, faïence églantine de Faenza.

Mon corps las était tatoué de baisers, rouge à lèvres rosé, carnation de la fleur initiale.

En guise de signature, Belle avait griffonné ORUMA sur nos draps parcheminés, comme ça, dans le désordre…

AMOUR, je crois, si jamais un jour je peux nous remettre à l’endroit…

 

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