ARTS CULINAIRES - QUESTIONS ANNEXES - QUE CHOISIR ? BANANE OU CONCOMBRE ?
Arts culinaires – Questions annexes - Que choisir ? Banane ou Concombre ?
A la question culturelle piège « Quelle livre aimeriez-vous emporter sur l’île déserte ? Une livre de bananes, ou bien une livre de concombres ? », la plupart de nos semblables se trouvent bêtement cucul…
Mesdames ! Laissez-moi vous tendre la perche, que je vous aide… En effet, même s’ils se ressemblent au premier abord, ces deux végétaux n’ont que peu de choses en commun et l’on comprendra l’hésitation fiévreuse d’une novice à l’heure du choix crucial, mais pas celle d’une vieille routière. Alors ? Pour les plus jeunes… Banane ou concombre ? Poussons l’analyse comparative.
La couleur d’abord ! Oui, les femmes et les androgames sont très sensibles aux couleurs, et c’est tout à leur honneur… Le concombre est vert. Sapin. Comme votre espoir. D’un beau vert profond souvent ciré qui ne flattera pas que l’œil. Les petites branleuses ou autres tantes qui utiliseront le concombre pourront tour à tour fantasmer sur Peter Pan, Robin des bois, un Martien aux pouvoirs magiques et aux moignons polissons, un Béret vert aux matériel prêt à l’assaut et muscles bandés et pourquoi pas sur le Géant Vert, cet autre ami bien monté des ménagères maniaques de l’ouvre-boîte.
La banane, victime d’une polychromie versatile aiguë, complique tout et change de couleur avec le temps. Elle passe du vert le plus vif lorsqu’elle est dure et jeune, au jaune safran moucheté de noir lorsqu’elle devient mollasse et ça peut vous laisser des bleus à l’âme. Oui. Ne riez pas, les bleus à l’âme sont très difficiles à effacer, surtout dans les Vosges, en Prusse et en Chine où ils peuvent persister et se fondre dans le paysage… Alors il faudra que ça suive dans votre tête volage et que Tarzan et son slip en léopard, un léopard caméléon, une horde de Chinois ou le vainqueur du Tour de France emmailloté, remplacent gentiment le lézard vert fluo du départ car je vous vois mal fantasmer sur un poussin, un canari ou même du titanate de nickel cuivré, fut-il dur comme fer…
La forme ensuite. Eh bien c’est votre affaire et j’hésite encore à m’immiscer dans votre intimité. D’aucunes préféreront la petite taille et le galbe ergonomique de la banane, quoique… ; d’autres la longueur, la section et la raideur caverneuse du concombre hypertrophié. Les débutantes adopteront la banane moins prétentieuse et plus soucieuse de débusquer leurs points sensibles et qui sait leur point G, comme le Génial, Glorieux, Galant et Gentil George Glooney. Elles loueront ce fruit concave plus propice aussi à épouser corps à corps, au pouce près, l’esquisse chatoyante de leur sexe courbé, de l’anus joli au clitoris riquiqui. Les gourmandes rodées trancheront pour le concombre de concours agricole qui leur rappellera un rodéo échevelé avec un Rocco Siffredi Martien qui leur ferait crier grâce, les pépins cachés au plus profond de l’engin venant fatalement tout à la fin, comme dans un film moraliste de Robert Guédiguian. Du grand art pour notre ami cucurbitacée. Oui, assez, surtout si vous l’écrivez en trois mots, cucu – bite – assez, et que vous avez choisi un concombre deux fois trop grand pour vous, espèce de gourmande que j’irrite… Les plus intelligentes passeront de l’un à l’autre, devant – derrière, dedans – dehors, dessus – dessous, en se réjouissant : les végétaux ne font pas de crises de jalousie à la mords-moi le nœud et ne vous bassineront pas pour Tell ou telle infidélité passagère. Contrairement à vos amants jaloux qui en feraient tout un potage, ils ne pensent qu’à vous épanouir et vous rendre belle… Autre particularité physiologique stupéfiante de ces deux végétaux, le bouquet si je me permets : Eh bien, si dans notre monde tout, hélas, a une fin, eux, les généreux, en ont deux… ce qui doublera votre plaisir, multipliera les chances de happy ending, prouvera leur supériorité indubitable aux plus suspicieuses, et conviendra mieux que nature aux couples gays et lesbiens branchés sur la même longueur d’ondoiement.
La consistance maintenant. Laquelle d’entre-vous n’a pas rêvé de tomber sur une peau de banane ? Oui ! De glisser jusqu’à l’ivresse sur une livre de bananes dures et tant soit peu onctueuses… Pour prendre son pied. Lentement. Glissée de haut en bas. Jusqu’au bout. Intime et délicate. Timide presque. Puis de remonter. Doucement. Indéfiniment. Avec cette sensation folle de faire grandir la banane complice à la taille de ses envies… Accoucheuse de bananes prétentieuses… Etireuse de bananes hors régime… Puis de revenir à la réalité et de redescendre. Encore plus doucement. La sentir devenir maître et imposer le dit régime… Puis accélérer dans la montée, aux portes du plaisir, pour finir en danseuse et glisser, glisser, glisser à n’en plus finir, activant la cadence crescendo jusqu’à l’essoufflement et aux petits cris de chatte tant recherchés, quelques gouttes de moiteur perlant joliment sur sa lèvre supérieure… Avantage aussi au fruit des fendues lorsqu’on la pèle. Pas besoin d’outils… Quatre sections de peau que l’on retrousse érotiquement et Hop ! Prête à sucer ou à avaler. Pas besoin d’instrument contondant. Elle se révèle suave, douce, un peu pâteuse, avec ce goût si particulier qui vous reste sur la langue et qu’on ne peut oublier. Sur mesure, elle vous glissera dans la gorge comme vous avez su la glisser ailleurs… Rien que du bonheur à tous les étages !
Quant à lui, le concombre a l’avantage de la fermeté, de la rectitude et de l’inflexibilité, à condition que vous ne le mettiez pas au réfrigérateur. Congelé… Non merci ! Ne le pelez pas non plus, il vous glisserait des doigts en devenant aqueux, parole de Johnny. Et même si vous y trouviez des pépins, rassurez-vous, il ne vous arrivera rien. Ni repousse ni rejet. Ni dieu ni maître. Vous resterez autonome. Libre. Libre et belle car heureuse. Heureuse d’avoir la main verte et les pieds sur terre. Et le cul maraîcher. Ecolo. Oui ! C’est ça. Vous êtes devenue écolo et en évitant de trop chauffer un gros dégueulasse qui monterait en température s’il vous prenait, là, pendant quarante-cinq minutes, bêtement sur le tapis, au mieux en levrette, vous vous démenez donc héroïquement contre le réchauffement de la planète, la fonte des glaces et la surpopulation qui vous pend aux lèvres. Vous combattez à votre échelle, mais intelligemment. Alors merci. Merci et bonne continuation.
Mais au fait, avant de vous quitter, débitons par curiosité nos godemichés verts, dons de dieu, comme ces savants qui saucissonnent de bonne grâce les cochons d’Inde… Disséquons-les, coupons-les en fines rondelles après s’en être payé une bonne tranche, et voyons ce qu’ils ont réellement dans le ventre.
Les sections de banane deviennent alors comme de jolies hosties fraîches et gonflées ou comme de gros chamallows mielleux. Histoires d’ivoire. Efface péchés. Bénédiction sur la langue. Elles se mettent à fondre sur votre organe gourmand, formant vite une pâte qui n’est pas dentifrice… Un mince filet jaunâtre, gluant, épais et équivoque, mais délicieux, coule maintenant de la commissure de vos lèvres et vous riez la bouche trop pleine, avalera – avalera pas, en vous rappelant votre tête médusée la première fois que vous avez pris une giclée chaude par surprise… Sacrée banane !
Les tranches de concombres, si elles sont moins œcuméniques, moins sirupeuses et moins suggestives, ont quant à elles l’avantage inestimable d’être réparatrices. En effet, si vous avez fait des folies toute la nuit et vous réveillez avec des cernes aubergines jusqu’au menton, faites-vous donc un masque de beauté avec ce qui reste du concombre chéri… Et n’imaginez pas que le meilleur ou le pire des amants seraient capables d’aller aussi loin dans le don de soi ! Eux ne font qu’alourdir votre cas… Le concombre est au contraire champion du monde de l’acte gratuit, de l’humanité appliquée et du sens du prochain, ce qui vous permettra de le débiter jusqu’au bout. Oui ! De le débiter jusqu’au bout…
Alors ! Pour l’Elle déserte… Ça y est… Vous savez Que choisir… Allez ! Entre nous ? Livre de banane ou livre de concombre ?…

georgelennick dit :
Merci de voter oui ou non pour votre choix…. Ça m’intéresse!
georgelennick dit :
Excusez-moi, moi c’est le concombre… J’ai en fait horreur de la banane et de son goût de Kiwi farineux…