logo
visu

Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

SEX-FICTION
Un blog de littérature coquine d’où les sérieux sont bannis, par George Lennick

Arts culinaires- Ces fruits qui vous font baver - Les cacahuètes -

 

 

Les Cacahuètes
 

Alors, comme ça, vous adorez les cacahuètes et dès que vous commencez à les boulotter vous ne pouvez plus vous arrêter, grosse gourmande ! Rassurez-vous, vous n’êtes pas la seule. Déjà les Incas en raffolaient… Et j’ai connu à travers le monde des centaines de femmes et quelques hommes qui savaient les vénérer comme leur dieu Serpent à plumes et en prendre grand soin : Dans le Sud des Etats-Unis, où elles sont le fier emblème de la Géorgie, God Bless, au Brésil, en Afrique noire, aux Philippines, en Chine, au Vietnam, en Thaïlande… Que de souvenirs torrides et exotiques, que de dévotions homériques…


Un peu d’étymologie : Cacahuète vient du mot aztèque tlacacahualt, cacao (graine) que j’aime. Etrange non ? En Europe, « cacahuète », que l’on trouve également sous les graphies « cacahouète » et « cacahouette », prévaut, tandis qu’au Québec, on préfère « arachide ». On écrit aussi parfois « pinotte », ma chouchoute, francisation de l’anglais peanut. N’empêche que ça me fait toujours penser à autre chose… Mais revenons à nos joyaux…


Description : Les cacahuètes sont des grains ovoïdes enveloppées dans un tégument. Pour faire plus simple, deux noyaux emballés… Ce ne sont pas des noix, ni des noisettes, ni des bourses n’en déplaise aux croyances populaires. Le fruit, qui plus justement est une légumineuse, est une
gousse de dimension variable, appelée coque (scrotum en latin), contenant le plus souvent seulement deux graines, qui est réticulée extérieurement et étranglée entre les graines mais non cloisonnée. Vous voyez ? Les coques plus gentiment appelées bourses sont nervurées et ont la forme d’un cylindre extensible auquel on aurait resserré la taille au centre, verticalement.
Lorsque les cacahuètes arrivent à maturité, elles glissent facilement par une simple pression du pouce (ou du bec pour les plus voraces) dans les gousses surdimensionnées, ce qui captive bien des néophytes et envoûte bien d’autres fines bouches. Attention, c’est un petit jeu qui peut être douloureux si mal fait ou lourd de conséquences si trop violent.


Dysfonctionnement : une maladie peut les atteindre parfois. La rosette irritante qui provoque leur rabougrissement et fait baisser leur rendement. Si le problème persiste, assurez-vous quand même que les deux font la paire. Une plus basse que l’autre dans la gousse n’est pas une maladie mais une particularité physiologique assez commune. Avez-vous remarqué, vous les professionnelles, que la gauche est presque toujours la plus lourde et donc la moins haute ?


Parlant de rendement, quelle est leur production ? Eh bien, les cacahuètes nous en bouchent un coin. Comme Tintin… Une bonne arachide pourra produire de sept à soixante-dix sept ans avant de se tarir. Si vous pressez convenablement les cacahuètes, une huile translucide (dite d’arachide ou de Cowper) en sortira en premier lieu, huile au goût subtil résistant aux plus fortes chaleurs. Si vous continuez encore en remuant fort, ce sera du beurre de cacahuètes, beige crémeux, en plus grande quantité, et là, vous pourrez vous en tartiner le visage et le corps, ça fait du bien. Tous les bons médecins vous engagent à le consommer à même la bête car il est riche en acides aminés, en protéines, en lipides, en cellulose et en vitamine E, c’est pas le moment de faire sa mijaurée, faut avaler. Oui. Tout ! C’est bon pour la peau et la libido. De plus ses matières grasses sont principalement de « bons gras » pour la santé cardiovasculaire. Vous devriez dire  « Merci »…

La cerise sur le gâteau : Une
étude prospective gréco canadienne a associé l’utilisation de deux doses ou plus de pinottes par semaine, à un risque moins élevé de cancer colorectal chez la femme. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire, même si jusque là vous y aviez rechigné, grande pimbêche à principes petit-bourgeois et à se moquer des autres retournées…


Je peux citer le cas d’une patiente à hauts risques qui s’abstint de pinotte colorectale jusqu’à quarante ans et qui découvrit avec ravissement le traitement quotidien qu’un jeune docteur africain venait lui faire à domicile, sans marcher sur les plates-bandes du mari. Il passait tous les jours à 13 heures 30 précisément par la porte de derrière et soignait madame à grands coups de pinotte comme seuls les jeunes gens raides qui ne comptent pas peuvent le faire… et tout ceci au nez et à la barbe de son époux intégriste convaincu, qui faisait la sieste au salon et qui n’avait jamais voulu entendre parler de cette thérapie de croupe. La souffrante fit des progrès inouïs et elle recommanda le jeune docteur à des tas d’amies ou d’amis qui ne jurent aujourd’hui que par lui…


Je ne peux pas citer le cas de ce maire d’une ville capitale pour la France qui découvrit la pinotte colorectale à Montréal alors qu’il était étudiant. Il revint plus gai que jamais, peint sa chambre et teint ses chemises en rose et s’inscrivit dare-dare au Parti Socialiste, le seul qui admette aux yeux du public qu’un homme puisse aimer l’épine autant que la rose…

Oui, un goût prononcé pour les couleurs acidulés, les rassemblements entre amis du même bord, une gestuelle des mains inhabituelles et la bouche en cul-de-poule peuvent être des symptômes passagers dus aux effets secondaires. Néanmoins, à ce qu’on dit, dans son entourage, le taux de cancers colorectaux aurait diminué de 95% ce qui nous entraînera à encourager gaiement les injections, massages et lavements de cette cure aussi vieille que le monde. Les grecs ne seront pas là pour nous contredire.


En conclusion, et pour dédramatiser, les cacahuètes sont les reines amuse-gueules des apéritifs. Pas étonnant car ce sont des papilionacées qui vous inviteront plus loin à butiner les petites saucisses qui viendront forcément après. Et là, la fête battra son plein… Bouche pleine, ventre plein !

… Bientôt les Olives…


Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Close
E-mail It