Les Fleurs des mâles - Le Crocus…
Croqueuse de Crocus
Le crocus n’est pas une fleur rare dans les Balkans et il aide parfois à faire s’étirer l’été jusqu’aux portes de l’hiver. Allez-y, à ce moment-là, croyez-moi.
C’est une plante basse à corme, aux feuilles basales linéaires avec une fine strie longitudinale, aux fleurs terminales solitaires, blanches ou violettes émergeant de spathes blanchâtres. Ses anthères sont pigmentées de jaune, le style, autrement dit la partie filiforme du pistil, rouge orangé, est ramifié, plus long que les étamines. Question reproduction, le crocus est, pauvre de lui, pauvre d’elle, hermaphrodite…
Son nom vient du grec Krokos qui signifie « safran » et pas ce que vous croyiez. La plus connu des quatre-vingt espèces est d’ailleurs crocus sativus, une fleur bleue magnifique dont cent cinquante mille styles sont nécessaires pour produire un seul kilo de safran. Vous comme moi avons donc déjà croqué du crocus…
Mais foin de cracher sur le safran, cet épice qui me réjouit le nez, les yeux et les papilles, je peux aujourd’hui vous avouer que j’ai découvert un autre crocus encore plus excitant, un crocus au style érectile dont un seul exemplaire suffit à épicer votre horizon.
C’est le crocus susanus.
Susanus est une fleur bleue ou plutôt violette, au style rougeoyant. Ces pétales vous emballent de leur rose fuschia, couleur chair ou muqueuse, et vous ramènent au plus beau des calices…
Son style de la taille de deux de mes doigts dressés est du plus bel orangé, comme un fruit juteux que l’on aimerait dégorger…
Il faut savoir se lever tôt pour surprendre la belle plante lorsqu’elle se réveille, quand le premier rayon de soleil vient lécher son intimité et qu’elle s’ouvre, petit à petit, petit bouton rose qui devient bénitier somptueux, fruit autrefois défendu, largement ouvert sur son panier.
Mais, halte-là ! Souvenez-vous, crocus susanus est hermaphrodite.
Arrêtez donc de vous exciter et imaginez donc cette photo prise en catimini à l’aube, photo que je ne montre qu’à mes maîtresses…
Oui, comme vous l’avez deviné, Susanus est hermaphrodite. Son sexe rasibus n’est ni mâle ni femelle, ses seins sont raplapla, ses goûts déconcertants… Mais j’aimerais quand même cueillir cette fleur sauvage, cette plante belle et rebelle, cette singularité pas encore accrochée à mon index.
Alors, ô Crocus Susanus, lotus d’Eros, fleur épicée, laisse-moi t’implorer. Laisse-moi te croquer le pistil avec style. Laisse-moi te brouter les pétales si roses qu’avec amour je t’épanouirai. Laisse-moi effeuiller ton joli panier de l’aube jusqu’à l’aube. Laisse-moi m’enculer sur ta fleur érectile, devenir jouvencelle avec style orangé. Puis laisse-moi violer ta violette comme une bête fauve aux cent phallus. Laisse-moi t’échancrer un utérus tire-jus et sans lapsus craquer ton crocus mordicus… Terminus ton anus.

clownouclone dit :
Donc, le crocus susanus est, en quelque sorte, la fleur du mâle.