Les inconnu(e)s célèbres: Zézette Levrette -
Zézette Levrette
Zézette Levrette était dresseuse-toiletteuse de chienchiens. Elle aimait les gros modèles. Rien ne la faisait plus chier qu’un chihuahua. Ah les mâtins de Naples ! Ah les léonbergs ! Ah les patous des Pyrénées ! Des chiens grands et costauds comme des hommes qui lui donnaient autant d’amour que les enfants et les amants qu’elle n’avait pas eu !
Zézette Levrette les lavait, les frottait, les bichonnait, les pomponnait comme ce caniche géant qu’elle avait taillé comme un bosquet de buis du château de Versailles. Un jour qu’elle avait affaire à un immense danois rétif, elle eut la révélation de sa vie.
C’était un danois encore jeune et taquin, il n’avait pas vingt-quatre mois, et il venait pour son premier toilettage en vue d’une exposition canine. Zézette Levrette jura à sa maitresse que c’était une bête de concours. Il avait la tête haute et carrée, les babines luisantes de santé, des pattes de lion, un dos de pur-sang arabe, des reins fins et musclés, des cuisses de lévrier. Mais l’animal n’aimait pas l’eau et, et, tel un âne, il refusa de rentrer dans la grande baignoire. Elle le tira, le gronda, le houspilla, le supplia. Rien n’y fit, l’âne têtu ne bougeait pas d’un pouce. Elle essaya le sucre, le biscuit et la tranche de rosbif. Rien n’y fit. La carotte non plus.
Alors elle décida de lui montrer le chemin et le flattant de la main elle entra dans le bain. Pour ne pas mouiller ses habits, elle se mit à poil. Le chien dressa alors une de ses oreilles cassées. Avait-il vu quelque chose de troublant. Avait-il tout à coup compris que l’eau était son amie ?
Zézette Levrette s’était mise à croupi, puis à quatre pattes et elle appelait gentiment le chien en poussant de petits aboiements joyeux.
Le jeune danois ne comprit pas ce qu’il lui arrivait. Une force inouïe, surgie d’entre ses cuisses, lui tendit le zizi pour la première fois. Comme un âne. C’était raide comme un bâton de bois, dur comme une épée, et gros comme ce bon saucisson avec lequel Zézette Levrette avait essayé de le tenter. Et cette force suprême, suprême car elle commandait désormais le cerveau, cette force suprême lui intima de sauter dans le bain, là où Zézette Levrette se tenait à quatre pattes, aboyant sa soumission, cul offert, vulve ouverte basculée en arrière, provocante comme une de ces chiennes qui font la une des journaux pour détraqués mentaux.
Zézette Levrette n’eut pas le temps de s’écarter. Le danois rentra dans le bain en lui tombant sur le paletot, et comme le chemin était large et mouillé, il se ficha en elle jusqu’à la garde. Du premier coup. Zézette Levrette comprit le pourquoi de son nom illico. L’animal la limait comme un âne et malgré ses convictions morales et religieuse, le plaisir qui montait, qui montait, lui coupa les jambes et l’envie de détaler. Elle essaya quand même de se désunir du grand danois limeur de première, ces bêtes ont un instinct intact, mais elle dut se rendre à l’évidence qu’ils étaient collés ! Eh oui ! Le sexe du danois s’enfle et colle aux parois du vagin, liant les amoureux pour une étreinte longue et douloureuse en cas de danger. Zézette Levrette dut donc prendre son mal en patience… L’autre grand fou continuait à la culbuter de ses coups de reins de gladiateur. Son sexe priapique d’âne la clouait en haut du bonheur. Elle ne sentait même plus les griffes de l’animal qui lui labouraient le dos. Le danois intrigué lui léchouillait le sang et lui mordillait la nuque. Zézette Levrette partit comme une sirène à toute vapeur ! Elle gueulait comme un mégaphone coincé sur le contre-ut depuis cinq minutes lorsqu’un agent de la force publique croyant à un vol à main armé entra en défonçant la porte. Le chien grognait et ses babines retroussées laissaient passer des crocs de dix centimètres. Le pauvre agent éberlué imagina la longueur de la corne qu’elle avait plantée dans les fesses. Il remplit un seau d’eau pour le jeter sur la bête, comme il se dit dans les chaumières, mais un seau d’eau dans une baignoire, ça ne fait pas beaucoup d’effet. Zézette Levrette criait maintenant doublement : un peu pour la pudeur, beaucoup pour le danois… Elle supplia le policier de ne pas tuer l’animal alors qu’il avait défouraillé. Elle lui demanda même de sortir car elle sentait l’animal gentiment se dégonfler.
Deux jours plus tard, quand elle vint remplir sa déposition au poste de police, elle refusa de s’asseoir. Pour raison personnelles. La propriétaire du chien proposa de l’euthanasier mais Zézette s’y refusa. Elle le lui racheta. Elle lui coupa les ongles et le lui racheta.
Aujourd’hui le policier trop curieux et trop bavard a été muté. Zézette Levrette ne s’occupe que de petits chiens, chihuaha, caniches nains, bichons maltais sur lesquels Rocco le danois jaloux n’aboie pas. Et il court toujours une rumeur persistante : Rocco le danois serait le chien le plus propre au monde puisqu’il prend entre trois et quatre bains par jour…

DEB dit :
M’enfin Georges, c’est possible une histoire pareille ? (je m’informe.)
cafeine dit :
Réjouissante histoire.
amb55 dit :
ça a un petit quelque chose du gorille de Brassens ton histoire …le gendarme quant à lui s’en tire un peu mieux que le juge de la chanson.