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du Journal SUD OUEST

SEX-FICTION
Un blog de littérature coquine d’où les sérieux sont bannis, par George Lennick

Anna Burna - Les Inconnues Célèbres -

Anna Burna
 

 

Elle avait la fesse nord abrupte et pourtant j’envisageais sérieusement de faire avec elle une première par le couloir encore vierge. Pas facile avec un seul piton, jamais utilisé… Elle, elle s’en faisait une montagne… Mais laissez-moi tout d’abord vous narrer le début.
 

Nous étions le 3 juin 1950, encore des… encore des enfants. Moi, Maurice Herzob, parigot tête de veau, dix-sept ans et toutes mes dents, elle, jolie avec ses dix-huit ans, Anna Burna, une Alpine de Geval. Nous étions en vacances d’été dans cette colonie des PTT,

la Poste d’autrefois, puisque nos pères étaient facteurs à bicyclette, comme dans la chanson de mon temps. C’était juste après-guerre, en noir et blanc, l’air des lampions, Peppone et Don Camillo, flonflons et accordéon, et on découvrait à peine les bienfaits de la gymnastique, du grand air, de la presque nudité, de la social-démocratie et des exercices corporels en groupe. En croupe on disait en imitant un peu fort l’accent guttural des ex vainqueurs vaincus.
 

Quand j’étais arrivé à la colo, aussi blanc qu’un névé, j’avais remarqué d’emblée le teint halé d’Anna et devant sa beauté je m’étais dit que je luis toucherais bien deux mots, et les roberts et les cuisses et les miches et le reste si affinités. Quand la nuit tombée je pensais que je dormais à deux tentes d’elle, je m’excitais comme un dingo australien derrière sa clôture de 9000 km et je me finissais dans le duvet qui crachait du duvet d’oie comme il neige rarement sur l’Annapurna.
Anna Burna prenait sa douche tous les soirs à dix-huit heures, réglée comme du papier à musique, et je me serais fait fée ou petite souris pour pouvoir mater sa nudité ou la séduire d’un coup de baguette magique. Je m’imaginais ses cuisses galbées et dorées jusqu’à la trace du short règlementaire. Je voyais son dos glissant et plein de mousse. Je croquais ses seins comme deux pêches plus pâles à la taille de mes mains. Je dessinais aussi sa petite touffe noir de jais, luisante sous la douche, et j’imaginais mal ce qui suivait entre les cuisses, ce tunnel qui noircissait mon âme et qui me faisait surgir à l’aplomb de ses fesses, en plein soleil, un peu aveuglé mais ravi, la gaule raide comme le bâton de berger qui ne me quittait plus.
 

Le 2 je me suis retrouvé de corvée de pluche avec elle, et je suis tombé amoureux de ses yeux et de ses mains, bien que je fusse déjà amoureux de tout le reste, oui surtout du reste. Elle s’est présentée et s’est subitement intéressée à moi. La petite Italienne rêvait de Paris. Je lui ai donné Paris. Je lui ai fait faire le tour de la capitale en fermant les yeux. Puis, je ne sais pas encore avec quel courage, je l’ai embrassée sous le pont de l’Alma. Un petit baiser du bout des lèvres, peureux, timoré, furtif et sec. Elle m’a demandé « et sous le pont Alexandre III ? Est-ce plus long ? » avant d’aller chercher ma langue dans un baiser spéléologique qui m’avait fait péter un bouton de braguette…
Le soir du 2 nous avons fait un feu de camp et nous nous sommes embrassés à nous gercer les lèvres. J’ai pu lui toucher les seins, sans les voir, mais je me suis pris une taloche avant de dépasser l’élastique de sa culotte Petit-bateau. Elle m’a effleuré le sexe mais j’ai bien noté qu’elle le mesurait délicatement entre extrémités du pouce et de l’auriculaire, l’empan pour les ignares. Est-ce que mes vingt et un centimètres lui firent peur ? Moi je pensais que 21 me porterait bonheur… Quand elle me planta là, je fus désemparé et allais me coucher la bite sous le bras.
Je dormais du sommeil du juste quand je sentis une main moite me tripoter la bite. Il faisait nuit noire mais la lune me permit de bien vérifier que ce n’était pas Jean-Do qui refaisait son coup du somnambule qui avait marché avec trois d’entre nous.
-C’est moi – me murmura-t-elle au plus creux de l’oreille.
J’avais déjà senti son eau de Cologne mais comme l’instant était aussi magique qu’inespéré je ne mouftais pas et restais immobile, bouche-bée, en apnée.
Je ne tins pas plus de deux minutes et je lui lavais les mains avec un bon décilitre de foutre à grande teneur de spermatozoïdes, vu qu’à l’époque le contenu de nos bourses n’était pas attaqué par les pesticides, les solvants ou le tabac. Pendant que j’éjaculais en grandes saccades désordonnées, elle me faisait un bouche à bouche de pompier maniaque tout en agitant comme une folle la main libre entre ses cuisses.
Je joignais religieusement ma main à la sienne pour découvrir un monde marin inconnu, une éponge humide, une moule géante un peu poilue, un bigorneau dur comme ma bite, une anémone bi ou quadri valvulaire tiède comme un lagon polynésien, une grotte ou plutôt un gouffre étroit dans lequel je comprenais d’instinct que si je continuais ma pêche pécheresse, je m’engouffrerais probablement avant le lever du soleil.
Elle me fit lever et nous allâmes dans sa tente. Ses copines avaient eu la délicatesse de s’en aller. Deux bougies ajoutaient de la magie au mystère. Elle se déshabilla en riant de moi. Elle m’embrassa longuement, me déshabilla et plongea sa tête entre mes jambes pour la première fois. Je l’imitais et nous réinventâmes le 69. J’en oubliais même de la baiser. Le soleil se levait et j’étais plein d’elle quand elle me fit comprendre que le moment était venu de l’honorer…
-T’as déjà fait l’amour toi ?
Non, ni moi, ni elle. Mais je la pénétrais encore un peu coincée. La troisième fois que nous fîmes l’amour ce fut le sommet. Anna Burna ne lâchait plus mes burnes. Je me laissais délicieusement abuser. Mon zob était her zob. Sa chatte était herminette.
C’était le 3 juin 1950.
Le soleil en se levant léchait de sa langue rose le piton fatigué. C’était mon premier 8000. J’avais planté quatre fois de suite le drapeau français au plus haut des sommets. Sûr que demain je ferai la une de tous les journaux et que je rendrai tous les copains jaloux, moi, Maurice Herzob, premier vainqueur inespéré d’Anna Burna…

Un commentaire pour “Anna Burna - Les Inconnues Célèbres -”

  • amb55 dit :

    je n’ai pas très bien compris si c’était du Pierre Perret, du Jacques Brel ou du Jean-Luc Lahaye.

    En tout cas on peut dire que l’été t’inspire.

    Inspiration.

    Expiration.

    Rotation, lévitation ?

    non, quel est le troisième ? j’ai un trou …

    je me disais que tu aurais pris cet été la résolution (non, ce n’est pas celui-là) de t’assagir, je vois que c’est encore pire.

    Allez, bonnes vacances à toi. Fais-gaffe quand même aux Anna, Gina, Martha et autres inconnues célèbres en restant à couvert un maximum.

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