Marie-Hélène Lapipe - Les Inconnues Célèbres -
Marie-Hélène Lapipe
Marie-Hélène Lapipe, voisine de chambre discrète, glissait sa tête sous mes draps tous les soirs, dès qu’elle m’entendait rentrer. Polie, elle tapait trois petits coups à ma porte pour s’annoncer – si j’avais une fille le loquet était tourné – puis elle avançait dans le noir, petits pas de souris, ça va ?, s’agenouillait, et sans rien me demander de plus, elle passait sa tête sous mes draps, trouvait ma queue au premier coup, la branlait avec doigté, la léchait avec application comme une petite fille suce un sucre d’orge, puis l’engouffrait. Une fée… Je crois qu’elle aimait par-dessus tout ce moment magique où le sexe endormi se réveille et triple ou quadruple de volume, because la chaleur de la langue, le rond appuyé des lèvres et la tétée bruyante genre génisse goulue.
Marie-Hélène Lapipe faisait les meilleures pipes du camping, du village, du canton, du département, de l’Occident. Les yeux clos. Toute à son œuvre. Sainte fée l’action. Pas scions. La bouche transcendée en sexe habile. Marie-Hélène Lapipe. Honneur à son nom. Elle aimait tellement ça que votre bite subjuguée se transformait elle aussi en Jésus, que l’élévation était instantanée, que le miracle se faisait, que sa bouche aux lèvres ingrates devenait grâce et nirvana, que la soie miraculeuse de ses muqueuses vous enroulait le zob pour vous faire décoller, que tous vos sens siégeaient alors dans ses quelques centimètres et c’est tout, que le sac et le ressac indubitable de ses lèvres vous rinçait le congre, roi des cons et des grottes marines, et que vous entendiez subitement la mer, les flots en furie, la tempête dans sa bouche exploser, un jet à 100 000 millibars mille millions de sabords, la tête envolée dans les étoiles, l’autre plus que nettoyée, parfois un bruit suspect d’évier en train de se déboucher, puis calmé comme un bébé après la tétée, elle vous léchait les couilles, les mâchouillait, les roulait sur sa langue et vous torchait l’anus jusqu’à vous entendre ronfler.
Alors Marie-Hélène Lapipe, fière de son pompier grand luxe, le prodige réitéré, se rinçait la bouche d’un coup de manche ou à l’évier, se lavait la main gauche qui s’était égarée adroitement entre ses cuisses, jusqu’à chercher des larmes, toussotait, se remettait les cheveux en forme, puis elle se regardait droit dans le miroir fané, un sourire de satisfaction éclairant son visage ingrat d’insomniaque et se disait :
-Marie elle aime la pipe. Marie-Hélène Lapipe… C’est du pareil au même. C’est bien d’assumer…
Alors, auto-récompensée, rassurée sur son identité, sur son talent, elle m’envoyait un baiser. Puis elle se cassait. Jamais sa pudeur n’avait osé me toucher une autre partie du corps que le sexe.
Je n’ai jamais vu son visage de jour. Je ne lui ai jamais fait l’amour. Je ne l’ai jamais même touchée. Je ne lui ai jamais dit merci Marie. Pas plus que des oui !… La seule chose que je peux affirmer c’est que Marie-Hélène Lapipe m’a fait pendant cent jours les cent meilleures fellations parce qu’elle aimait ça plus que tout, parce qu’elle avalait ça comme du petit lait et qu’elle était nettement plus douée que la moyenne des suceuses du dimanche. Marie LM, comme je la surnommais, Marie LM Lapipe est restée bon N°1 au Hit-parade des grandes sucettes pendant des années, jusqu’à ce qu’une vraie geisha (à deux mille dollars la nuit), vingt ans plus tard, ne vienne la détrôner.
Marie-Hélène Lapipe, voisine de chambre du camping Marina, toi qui glissais ta tête sous mes draps tous les soirs, dès que tu m’entendais rentrer… Laisse-moi, aujourd’hui, enfin, te remercier.

DEB dit :
Si un jour tu revois Marie-Hélène, Georges, embrasse-là pour moi… Tu veux que je te dise : tu ne la méritais pas. mais quel salopard tu étais mon ami !
DEB dit :
Si un jour tu revois Marie-Hélène, Georges, embrasse-là pour moi… Tu veux que je te dise : tu ne la méritais pas. mais quel salopard tu étais mon ami !
(Rectif : embrasse-la - sans accent, sauf italien.)