Ivan Saisseur - Les Incocos Célèbres -
Ivan Saisseur
Fils de vrais staliniens qui ne crurent jamais aux camps, aux purges et au goulag, belles blagues, Ivan Saisseur fut élevé, shorts fauves et foulard rouge, entre les Jeunesses Communistes et la Communale. Comme-ci, comme-ça. Sans être toujours commode. Surtout quand on est un putain de sale gosse qui ne pense qu’au fric. Pourtant ses sept sœurs cadettes avaient, elles, été épargnées, si l’on peut dire. A part leurs cons de prénoms à la moujik, comme lui, vu qu’elles avaient hérité de blases de popov, asseyez-vous : Anya, Aleksandria, Akulina, Anushka, Aglaya, Agrafena et Galina, avec un G, puisque manifestement il n’y avait plus de A qui traine dans le calendrier des saints bolcheviques.
A sept ans, pourtant l’âge de raison, Ivan Saisseur vendait l’Humanité page par page, entubant les camarades illettrés qui étaient légion dans le parti. Bien sûr il fallait la complicité aussi imbécile qu’incroyable de ces pauvres nouilles rouges qui lui achetaient le canard page par page, presque plume par plume. Mais juste avant midi, le dimanche, à l’heure du p’tit rouge, le canard aux nouilles, pour des prolétaires qu’avaient toujours la faim au ventre, même à la page, ça ne paraissait pas du vol. Ivan Saisseur eut juste le temps de remplir deux ou trois tirelires avant que le chef de cellule ne le gaufre et ne lui sucre ses économies, sans lui laisser un kopek pour justement s’en acheter une, de gaufre au sucre, plaisir blanc de capitalistes pervers…
Ce camouflé lui fit doubler de haine pour les cocos (incluant haricots, drogues et noix de…), redoubler de haine pour les rouges (incluant haricots, vin et ses noix après la branlette) et quadrupler de haine pour les canards aux haricots au vin ou aux noix, selon le choix. A douze ans il s’inscrivit aux cannes de fer, par réaction, et c’est là qu’il rencontra un drôle de coco, un drôle de sang-bleu qui bouffait du coco au propre, la coco-blanche, et au figuré, les cocos-rouges. C’était un ancien légionnaire qui sentait l’intolérance, l’outrance et aussi le rance, Terence. Terence McRöe. Comme le poisson au vin blanc qui pue. Le Britt lui mit la bride sur le cou et lui refit vite fait son éducation. Des rouges, Ivan Saisseur avait acquis le sens du sacrifice, l’obéissance et la propension à prendre des coups. Des blancs il apprendrait à servir, à fermer sa gueule, à mépriser les petits comme lui et à rendre les coups coup pour coup. A se faire enculer aussi. Du moins au figuré.
A seize ans, il fit son premier coup tordu avec McRöe, l’attaque d’un fourgon blindé de la SNCF, tous cocos and co. Il eut comme les hommes sa part du butin : cent francs en coupures couvertes d’encre indélébile rouge (encore cette putain de couleur) et deux jours planqués dans un clandé d’une des plus belles avenue de Paris. Terence McRöe qui semblait être chez lui dans ce bordel, lui fit les honneurs de la cave, son premier champagne millésimé, les honneurs du premier, un dépucelage en règle dans les bras d’une russe blanche qui elle aussi bouffait du coco, de la coco et qui jouait comme Merlin du pipeau, et les honneurs du rez-de-chaussée puisqu’il monta la garde dans un canapé, pendant que les autres montaient les putes dans les étages supérieurs. Heureusement Rada, la ruskoff la plus belle du rade, vint le retrouver le second soir pour terminer le travail qu’elle avait commencé.
Quand McRöe apprit qu’Ivan Saisseur avait sept sœurs, il lui proposa franco de les lui acheter. Avec toute la finesse qui le caractérisait. Il lui expliqua qu’avec le nom qu’il se trimbalait, Ivan Saisseur, c’était écrit et donc déjà pardonné. S’il y avait une faute, c’était celle de ses putains de parents staliniens (plus t’es rouge, plus t’es con). Ils auraient qu’à du l’appeler Frédéric, Emmanuel ou Dominique Sasseur, non pas Dominique… Lui c’était qu’un exécutant… Ivan avait alors 19 ans et sept sœurs de 12 à 18 ans, sa chance. Comme elles étaient plutôt jolies, plutôt blondes, toutes aux jeunesses communistes et qu’elles portaient des prénoms à la mords-moi-le-nœud, Terence lui en offrit un bon prix pour le lot, bien qu’il n’y ait eu que très peu de vierges… (Il récupéra tout de même une carte hebdomadaire pour une passe avec Rada, sept mille francs en billets rouges, et un Solex 3800). Ivan Saisseur sauta sur l’occasion et débarrassa ainsi la capitale de sept cocos forcenées, puisqu’elles furent expédiées dans un bordel superclasse à Tanger. Au service du peuple marocain et des marins de passage, dans cette si jolie petite cité balnéaire bourrée de colons revanchards.
Chaque lundi, jour des amis, il allait donc faire l’amour à Rada dont il était tombé follement amoureux. Ce putain de Terence McRöe le savait. Un soir il eut le malheur de se confier sur l’oreiller, à Rada en riant, un peu paf à cause du Cordon Rouge, et il déballa pêle-mêle ses exploits, ses plans sur la comète puis avoua la vente de ses sœurs à Terence McRöe. Il imaginait, pauvre naze, ses petites sœurs en nuisettes faire des galipettes sous les palmiers, dans une espèce de harem avec des princes arabes bien éduqués, comme l’idiot de Lybie alors qu’elles se tapaient le tout venant, du pauvre étudiant aux frères musulmans. Rada qui semblait écouter d’une oreille distraite, le suça gentiment, puis elle lui passa les menottes, chevilles et poignets, lui promettant des délices d’un autre monde. Curieux, Ivan Saisseur laissa faire la suceuse. Le mat dressé. La tempête annoncée…
Rada avait maintenant un coupe-chou à la main. Il ne savait pas pourquoi, mais il n’aimait pas l’idée d’être à la merci de cette pute qui lui souriait à moitié. Il lui demanda de le détacher mais elle lui répéta qu’ils allaient bien s’amuser… Elle commença par lui raser les poils du pubis. Il râla un peu car il avait peur que ça fasse tapette. Puis elle coupa les quelques poils aventureux qui grimpaient sur sa bite. Ivan entendait le crissement de la lame sur son sexe et la peur mêlée à l’excitation lui firent avoir la plus sauvage érection de sa courte vie. Elle lui rasa enfin les couilles, sans savon ni blaireau. Ivan se sentait cent fois plus blaireau que savant. Il suait à grosses gouttes… Il paniquait et ses roubignoles remontèrent dans les bourses, comme pour se cacher. Trop tard ! Alors qu’elle avalait Popaul jusqu’à la glotte, elle en tenait une délicatement dans le creux de sa main, comme un œuf fragile de petit oiseau. La bouche pleine, elle lui demanda subitement, avec une voix d’ange suceur de bite qui roulerait les r :
-C’est quoi le prénom de ta pétité soeurrr, Ivan chérrri !
-Ga-Galina Rada chérie…
Elle cracha son pénis comme une saucisse pythonisse. Il sentit la lame froide le caresser, puis décrire un cercle, puis un ultime coup sec comme quand on sectionne une corde tendue. Rada tenait dans sa main sa couille gauche. Une olive rose dans une marre de sang. Pourrr Galinetta la pôvrrrre ! - Il cria comme un dément en l’insultant de tous les noms de putes de la sainte Russie et du Maghreb réunis, mais personne ne pouvait l’entendre because le capitonnage grand luxe de la suite cardinale. Les menottes tenaient bon aux barreaux du lit. Le lit tenait bon au mur, vissé pour le ramdam… Elle posa le rouston sanglant sur son ventre et prit le droit dans sa main, répétant exactement ses gestes comme pour le gauche. Y’avait déjà du vermeil partout sur les draps…
-Pas de jaloux, Ivan chérrri ! L’autre glaoui pour la pauvre Aglaya…
Il crut mourir et s’évanouir. Roustons en offrande sur le nombril. Maintenant elle le masturbait en répétant le nom de ses sœurs. De grands coups furieux, comme on arme un canon scié, jusqu’à la garde, qui lui arrachaient à chaque fois un bout de frein sous le gland. Il éjacula à Akulina. Sans le vouloir. Alors Rada lui coupa à ras le sexe désormais inutile en criant Venge-toi Agrafena, un simple coup appuyé de la lame, et elle lui fourra le boudin sanguinolent dans l’anus en crachant Anya, c’est ça... Elle bavait de colère. Les yeux exhorbités. Elle allait le tuer… Puis, alors qu’il criait à s’en décrocher les mâchoires, dans une miction immonde de sperme et de sang, elle lui fourra ses couilles rouges dans la bouche en forçant bien sur Aleksandria et Anushka, jusqu’à ce qu’il vomisse son acte de naissance.
Ivan Saisseur passa l’arme à gauche de douleur ou d’étouffement. Personne ne le saura jamais. Terence McRöe se chargea du nettoyage, ni vu ni connu, un sac à la décharge, ou plutôt il manda une de ses nouvelles recrues. C’était un gamin déçu du communisme. Il avait quatorze quinze ans à peine. Il s’appelait Vlasi et reluquait déjà la croupe généreuse de Rada, dommage, il n’avait que trois petites sœurs…

Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour publier un commentaire.