Dado Ronron - Les Inconnues célèbres -
Dado Ronron
J’ai rencontré Dado, Dado Ronron, à Barcelone un soir de fiesta sur les ramblas. Elle était à moitié nue, couleur pain brûlé, libre comme l’air et chaude au point de me carboniser l’âme, en tout cas de me faire sortir les yeux de la tête et la bite de sa réserve dès son premier sourire.
Elle aimait Gaudi, les nouilles chinoises, les pétards et les shots de téquila. Elle n’était ni farouche ni indifférente à moi. On visita donc la ville ensemble, on dina dans la rue, d’architecture folle, puis sur une table couverte d’une nappe en vichy, d’un énorme bol de nouilles chinoises nettoyé à quatre baguettes, les yeux dans les yeux, les doigts de pieds qui se tutoyaient déjà, au dessert on s’en roula un sérieux, on rit comme des fous, surtout elle, les gens nous prirent inévitablement pour des dingues, puis on se fit trois shots de téquila-paf, et nous finîmes vraiment paf, un bon coup dans l’pif.
Elle me mit la main sur la grappe, pouf !, comme pour me provoquer, hey cow-boy t’as le paquet, et comme elle sentit dans la seconde que c’était pas des nouilles qu’elle malaxait, elle me roula une pelle salée en me tenant serré-serré, ses paluches en chalut sur mon derche. Sûr qu’elle devait aimer sentir mon furet gentiment grimper.
On finit dans le premier petit hôtel louche, ça sentait l’huile d’olive rance et le parfum bon marché. Chambre 407 au quatrième étage. Au premier palier, facile, je l’avais déjà défrusquée. Je montais les marches en colimaçon un peu moins vite que ma queue qui s’envolait, qui s’envolait. J’ai toujours en mémoire l’image de son cul de noire qui me servait de sémaphore. De sa chute de rein comme un toboggan luisant. De ses fossettes creusées à la naissance des fesses. De ses cuisses fuselées comme des ailes arrière de Chevrolet Impala millésime 1960, intérieur cuir rose. Et justement de sa vulve proéminente, fente occulte sillonnée en 3D, huileuse et épilée de frais de jeune pouliche en flamme qu’on amène au haras.
On resta huit jours enfermés dans ce petit hôtel à l’heure. Dehors la chaleur avoisinait les 40° et les pales du vieux ventilateur rythmaient les vagues de sexe que je lui glissais entre les cuisses comme l’Atlantique le fait à
Puis un soir Dado m’annonça qu’elle partait. Fini le ronron. Fini le caresse-lavé. Fini le matelas endiablé qui se mouillait quand elle se prenait pour La Fontaine et me racontait Perrette. Fini nos corps soudés. Son mari se désespérait… Shit ! Elle l’aimait encore. Elle devait nous quitter. Elle me fit l’amour toute la nuit en sachant que notre amour se mourrait-là. Terminus carrer Barri Gotic. Elle me dit des mots banals, des mots de tous les jours, tort, mort, encore, jour, amour, toujours, adieu, jeu, mieux, demain, fin, chagrin… des mots qui sur le papier peuvent sembler ridicule, mais des mots qui dans sa bouche se suffisaient pour me faire continuer à exister.
Quant au petit matin elle partit, au lieu de pleurer, de me suicider, je lui chantais à poil sur le lit :
Quand l’amour s’en va et que tout est fini
Dado ron ron ron, Dado ron ron
Ne pleure pas laisse tomber tant pis
Dado ron ron ron, Dado ron ron
Oui, mon amour est mort
Oui, bien sûr j’ai eu tort
Oui, j’aimerai encore
Dado ron ron ron, Dado ron ron
Et quand l’amour s’en va il s’en va pour de bon
Dado ron ron ron, Dado ron ron
Ne pleure pas on n’y peut rien au fond
Dado ron ron ron, Dado ron ron
Oui, elle m’a dit adieu
Oui, après tout tant mieux
Oui, l’amour est un jeu
Dado ron ron ron, Dado ron ron
Et quand l’amour revient on dit c’est pour toujours
Dado ron ron ron, Dado ron ron
Peut-être bien que ce sera vrai un jour
Dado ron ron ron, Dado ron ron
Oui, peut être demain
Oui, adieu mes chagrins
Oui, j’aimerai sans fin
Dado ron ron ron, Dado ron ron
La dernière image d’elle fut une chatte qui ronronnait. Oui je sais, tout ne peut pas se terminer en chansons…

Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour publier un commentaire.