Ornela de Guirlandes - Les Inconnues Célèbres -
Ornela de Guirlandes
Le duc de Guirlandes était un homme éclairé, même dans sa sombre campagne. Il venait de m’embaucher comme factotum. Je lui servais de secrétaire, d’homme de confiance, d’homme à tout faire, d’intendant, de touche-à-tout, de majordome, de maitre Jacques et il me payait comme une bonne à tout faire. Mais j’étais satisfait.
Je n’avais pas trop le choix à l’époque car je me cachais d’un mafieux que j’avais cocufié et que tout le monde en ville appelait désormais Le Cornu, joignant aux paroles ce geste de la main : Index et auriculaire tendus vers le ciel et dans l’espace rendu libre, repliés sur la paume, pouce croisé sur majeur et annulaire. L’homme voulait me scalper et il avait promis à ses lieutenants qu’il ferait rissoler ma bite et ébouillanterait mes couilles avant de me les faire manger.
Chez de Guirlandes j’étais à l’abri. Et je m’étais promis de rester sage. Il n’avait qu’une vieille femme, trois servantes aux culs plus larges que des chaudrons pour la cuisine du cochon, un redoutable maitre d’armes auquel rien ne me donnait envie de compter fleuret et deux valets plus sales que mes pieds.
Les jours s’étiraient, monotones, en fin d’été, ciels de porphyre orangés légèrement voilés, quand Ornela arriva.
Ornela de Guirlandes était la fifille à son papa, elle avait vingt ans, et le vieux grigou m’avait caché son existence, jusque dans les pages de sa vie qu’il me demandait de mettre (en pages) à mes moments perdus. Il m’expliqua d’un revers de la main qu’elle revenait d’un an de retraite dans un couvent près de Milan, qu’elle était d’un deuxième ou troisième lit, rejetonne tardive d’une actrice italienne, mais qu’elle éclairait ses nuits. Il me rappela aussi gentiment les raisons pour lesquelles j’étais là, au secret, et que ce serait vraiment fâcheux que ce maffieux aux bois majestueux vienne me rechercher ici, pas par hasard, et ne salisse la cuisine en préparant des abats pour mignons anthropophages.
J’étais prévenu et, comme Dieu avec son fils, je fis une croix sur Ornela. Tout se passa bien le premier mois. Mais petit à petit ça se gâta.
Elle mettait un beau décolleté. Je ne la regardais pas. Elle changeait de robes trois fois par jour. Je ne la regardais pas. Elle se faisait plus belle que belle. Je ne la regardais pas. Elle chantait sous ma fenêtre. Je ne la regardais pas. A la veillée, son père couché, elle récitait des poèmes grivois. Je ne la regardais pas. A table elle mangeait avec les doigts. Je ne la regardais pas. Ses seins aux trois quarts nus auraient damné un cardinal pédé. Je ne la regardais pas. Ses lèvres muettes me susurraient des mots d’amour qui ne se disent que lors de saillies mémorables. Je ne la regardais pas. Elle se caressait sous la table à l’heure du bénédicité. Je ne la regardais pas. Ceci dura trois mois. Et comme elle avait le plus beau minois et je supposais le plus beau minou à cinquante lieues à la ronde, je ne manquais pas de me branler tous les soirs en murmurant, enjolivant, relevant, rehaussant et faisant reluire son nom composé qui me faisait délirer sur des pensées et des pratiques pas très catholiques…
La veille de Noël, le vieux de Guirlandes alité me demanda d’aller couper un sapin dans la forêt et, comme il avait vu que que sa fille ne m’intéressait pas, il me pria de l’emmener, c’était la tradition depuis deux dizaines d’années. Elle ne m’adressa pas la parole durant tout le trajet aller. Elle chantonnait Janeton… Arrivé, elle choisit un arbre, me regarda scier le tronc, m’aida à le charger puis à brûle pourpoint elle m’apostropha :
-Oui, c’est ça, Noël, vous êtes pédé… (oui, je m’appelais alors Noël…)
Je me défendais et lui racontais l’aventure dramatique avec la femme du maffieux.
-Ben avec la trouille au cul, depuis six mois à vous cacher comme un rat et à même plus reluquer une nana qui vous trouve du charme, je vous le dis, Noël, vous êtes devenu pédé…
-Oui princesse, disons que je sois devenu pédé et que j’aimerais bouffer toutes les couilles de la création, surtout celles, gonflées, des ermites, sauf les miennes qui me dégoutent…
-Moi c’est juste le contraire… je suppose. Du moins pour le moment…
-Ornela ! C’est déjà assez dur comme ça…
Je parlais autant de mon sexe qui s’imaginait dans sa bouche que de mes pensées qui furetaient déjà entre ses poils de cul de donzelle.
-Laissez-moi juste vous sucer, Noël. Après tout, demain c’est votre fête…
Elle me promit que ça ne serait qu’une fois. Que le château ne le saurait pas. Que trop d’envies refoulées ça donne des orgelets et que je ne voulais pas la voir défigurée. Qu’on avait vu des vierges se calciner. Ou se liquéfier au contraire. Qu’à Milan elle avait soigné des courtisanes qui lui avaient appris des techniques spéciales d’avaleuses de nouilles et même des plus subtiles ramenées à pied de la Chine par le beau Marco-Polo…
Popaul dessinait dans mon calbut un arc de cercle de titane à faire pâlir sa jument et Robin des Bois. Quand Ornela joignit le geste à la parole, je pris sa tête à deux mains et l’abaissais jusqu’à ma ceinture.
Je ne peux vous raconter la pipe qui suivit car je ne sais écrire ni le chinois ni l’italien ancien. La seule chose que je peux vous confier c’est qu’elle se tenait bien à table, la petite de Guirlandes, et qu’elle ne laissait rien dans la gamelle. J’avais jamais vu ça, même pas à Saint Claude… Quand je jouis, toutes les biches des bois environnants se pointèrent car elles avaient cru entendre le cerf des cerfs, le mâle le plus mâle à cinquante lieues à la ronde. Je priais pour que le père de Guirlandes ne soit pas un de ces chasseurs dépravés qui aiment profiter de ce que la bête soit encore chaude…
Ornela que j’avais ornée d’une jolie guirlande blanche du menton à l’œil se léchait les babines, puis les doigts :
-Mais c’est Noël ! Ce foutre a un gout de foie gras truffé… Jamais ça m’avait fait cet effet. Ce soir, je vous rejoindrai pour le dessert dans votre chambre, messire Labeyrie… Vanille-coco, la gousse et les noix… C’est possible ?
-Je vous l’interdit Ornela ! Je tiens à mes couilles ! Au demeurant, il faut avouer que jamais pipe ne fut mieux prodiguée… Si on se retrouvait aux écuries ?
-Pas les écuries, les bites de cheval me font penser que les hommes sont parfois ridicules. Ça me coupe l’envie… Pourquoi pas dans les cuisines ? Je vous ferai des pates… J’ai un double de la clé !
-Va pour la cuisine. Moi, je vous montrerai un autre usage pour le beurre et la chantilly.
-Des promesses noël, mais je mouille déjà.
Effectivement, alors qu’elle parlait, elle avait pris ma main et l’avait glissée entre ses cuisses aussi huilées qu’un moulin en période de presse. Ornela ne portait pas de culotte… Popaul ne fit ni une ni deux et se redressa comme ces sourds étonnés qui croient subitement qu’on leur parle, faisant les surpris… Alors je relevais les jupons de la donzelle et mettait mon zob au chaud car il faisait pas loin de 0. Elle s’accrocha à mon cou, me ceintura les reins avec ses cuisses fermes et se mit à remuer les hanches comme un moulin à prières sataniques. Elle se mit à gémir comme un petit animal en plein rêve, puis elle activa encore la cadence, maintenant elle recherchait son souffle, elle me traitait de noms d’oiseaux italiens sans doute, puis chinois, puis ses paroles devinrent feulements et elle finit en un long cri strident qui se referma sur mon cou alors que moi aussi je partais comme un fou et tombais à genoux dans la neige. Le froid me fit remonter les roustons comme des balles de pingpong dans de l’eau bouillante, je ne contrôlais plus rien, et elle, cul en feu sur neige vierge, partit d’un grand éclat de rire en évoquant les volcans d’Islande.
Arrivé aux abords du château, je remarquais des chevaux que je ne connaissais pas… Mes testicules se mirent à me faire mal, comme s’ils voulaient me prévenir. Ma bite, qui était encore en érection parce que je suivais le lent balancement du cul d’Ornela sur sa jument, ramollit tout d’un coup, comme pour se faire toute petite ou se faire oublier.
Je quittais Ornela en lui promettant de revenir plus tard. Elle n’était pas très émue. Elle regrettait juste l’épisode promis du beurre de cuisine. En faisant demi-tour, j’imaginais mon Noël raté. Pas de Guirlandes sur mon sapin. Pas d’Ornela de Guirlandes nue dans mon petit soulier, puis je me repris en me disant que j’avais fêté Noël juste un jour plus tôt, comme ces chinois de Marco-Polo…
Mes couilles sautaient dans leur bourse au rythme du galop. J’avais sauvé l’essentiel. La neige qui tombait effacerait mes traces. La seule image que je garderais à jamais serait celle du beau visage d’Ornela de Guirlandes barré par mon jet de foutre, oui orné, là, d’une guirlande blanche de foutre, apparemment fidèle à sa lignée…

petitemauve dit :
fichtre !
quel ornement que ce foutre…
et quoi qu’il y a Noël, père??? dans ta hot ???