Rosette Delion - Les Inconnues Célèbres -
Rosette Delion.
Rosette… Pas la fleurette avant-coureuse de rose. Ni la décoration à la con au revers du veston. Pas non plus le gros saucisson de Lyon. Ni le nœud riquiqui à deux boucles. Encore moins un tapis vert et rampant… Non ! Rosette était une fillette que venait de mettre au monde madame Delion dont le mari, Léon, n’était pas la moitié d’un con.
Bébé, Rosette Delion n’avait qu’une idée en tète : téter. Téter toute la sainte journée et la nuit s’il fallait. Elle grandit très vite et des six livres de la naissance, elle doubla de volume pour atteindre très vite douze volumes, soit le poids conséquent d’une encyclopédie en papier sulfurisé qualité alimentaire. La famille qui ne lisait que l’almanach Vermot en resta bouche bée et comprit grâce à elle que culture n’avait rien à voir avec garniture.
A deux ans elle tétait encore. Sa mère à l’esprit très pieux, avait dû dire adieu à ses seins.
A quatre ans elle tétait tante et plus. Un doudou chéri aussi.
A six ans, elle se mit au saucisson, Rosette Delion. Sa maman gentille décalottait la bête, la peau c’est pas bon c’est plein de cochonneries, et v’là que la fillette suçait le jésus comme on suce un poireau. Fallait la voir la pogne un peu graisseuse, s’en barbouiller les lèvres jusqu’au nez, faire des mimiques, faire des manières comme dans les films d’après minuit, générant le rire gras des adultes et quand on la grondait faire un pied-de-nez.
A huit ans elle tétait de la bière, en cachette, car ça faisait grand. Et pis elle rotait comme Gontrand. C’était marrant.
A dix ans, elle tétait son oncle indigne, un charcutier gras du bide qui lui échangeait des p’tits suçons contre du saucisson. La gamine était gourmande, c’est pour cela qu’elle s’était fait avoir. L’oncle Léon avait creusé un gros saucisson qu’il avait emmanché sur sa bite pour appâter sa nièce comme on appâte un petit oiseau. Puis, la peau de plus en plus fine, l’enfant avait enfin sucé sa peau. « C’est des cochonneries tout ça ! » qu’elle lui dit la première fois au fond des bois… « Mais non ma Rosette, c’est permis d’oncle à nièce. Regarde, c’est rigolo, tu serais un avion ravitailleur en vol et pour que tu voles je te tiendrais par les tresses… ». Elle, elle trouvait pas ça si rigolo, sauf quand il se tartinait le zizi de rillettes et qu’il prenait un air idiot. Elle aimait pas beaucoup sa crème poulette, mais la charcutaille c’est pas toujours du gâteau…
A douze ans Rosette suçait aussi son père qui avait appris ses dons de la bouche de Léon Delion, son frère, le jour même de sa communion. Il avait attaché la jolie montre promise sur sa bite aussi poilue et aussi large qu’un poignet de douze ans, ça faisait ridicule, et elle avait dû attraper le cadeau sans y mettre ni les doigts ni les dents. C’était une Lip, c’est con, mais ça rime avec pipe… Alors elle avait sucé Papa et son frère Léon et comme ils étaient bourrés ça avait été long.
A quatorze ans, elle tétait Tiger Delion son frère de quinze, tous les matins, car il se levait avec une trique qui lui faisait si mal, que des fois il en pleurait. Comme elle avait bon cœur, pas mal de technique apprise par Léon, apprise par papa, comme Tiger ne buvait pas, ça lui prenait pas plus de temps que ça et elle pouvait le rançonner d’un euro à chaque fois. Avant le chocolat.
A seize ans elle prenait dix euros (cinq pour son frère, cinq pour elle) dans les caves de l’immeuble, là où il fait chaud à côté du chauffe-eau. Rosette Delion avait le sens du commerce et elle distribuait à tous ses clients une rosette d’honneur à accrocher sur son cœur. Elle passa toute la ville, car qui aurait voulu rester sans une rosette sur le cœur acquise au champ d’honneur ? Même les pédés se firent téter. Ils lui trouvèrent du talent et échangèrent des techniques profitables aux deux camps. Gagnant, gagnant mais pas gnangnan.
A dix-huit ans, victime d’une gingivite fulgurante. Elle perdit toutes ses dents et disait des ch à la place des s. Elle ne chuchait plus qu’à la nuit tombée mais cha technique « mâchouille du manche chans ratiches » en fit partir plus d’un avant de commencer à compter les trois minutes, comme un KO pour un round de boxe. Elle vous attendait dans le coin, vous excitait, vous travaillait au corps, puis crochet à droite, directe à gauche, elle vous finissait au gong. Pour cinq euros de plus, elle vous jetait pas l’éponge mais vous faisait la toilette comme un premier matin du monde ou un alors un joli rouleau de printemps.
A vingt ans Rosette apprit qu’elle avait elle aussi une rosette à peine fanée. Education éprouvante au premier coup, cris, non, non, douleur et tout, mais comme le fleuriste était têtu (et monté) comme un âne, il ne céda pas, oui, oui, oui, et lui fit découvrir les délices concupiscents de la sodomie et ceux plus impétueux de la feuille de rose. Rosette en rosit de honte et de plaisir non dissimulés bien qu’en s’asseyant elle comprît que la rosette, elle aussi comme sa grande cousine, allait pas sans épines…
A vingt deux ans Rosette Delion s’acheta un dentier puis elle se maria. Loin de Lyon. Avec Pierre Houpette, perruquier de son métier qui lui portait une moumoute. Elle lui fit croire qu’elle était vierge et nigaude comme le jour où elle était née. Il la crut et la trouva néanmoins très délurée et très douée. Ils essayèrent, ils essayèrent, mais s’ils prirent du plaisir, ils ne purent jamais avoir d’enfant… Elémentaire ! Avec Rosette et Houpette, c’était écrit dans le dictionnaire…

Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour publier un commentaire.