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SEX-FICTION
Un blog de littérature coquine d’où les sérieux sont bannis, par George Lennick

Anne-Aymone Demer | Les Inconnues Célèbres -

Anne-Aymone Demer.
 
Je découvris Anne-Aymone Demer sur une plage du débarquement. Elle était accrochée à un gros bloc de béton, reliefs d’un blockhaus de la dernière guerre, et la marée montante la paniquait.
-Au secours ! Je ne sais pas nager ! criait-elle dans son une-pièce aubergine.
Elle était littéralement collée à la paroi, un peu flasque semble-t-il et je crois même qu’elle se faisait pipi dessus tellement la peur la prenait au ventre. Je me fis la remarque presqu’à voix haute : Cette nana ressemble trop à une anémone de mer, ces gros pissous ronds et mous qui fuient dès qu’on leur presse dessus ! C’est incroyable !
Je plongeais aussitôt, nageais les vingt mètres à peine qui me séparaient d’elle et agrippais la dalle de béton en lui demandant de se calmer :
-Je suis le maitre nageur. N’ayez plus peur de rien. Il n’y a aucun danger… Comment vous appelez-vous ?
-Anne-Aymone… Anne-Aymone Demer.
Elle se réfugia dans mes bras et se colla à moi comme une bernique sur du granit. Je dus presque l’assommer car elle m’empêchait de respirer. Elle m’entraina vers le fond mais grâce au ciel une vague plus forte que les autres nous envoya sur la plage. Ma rescapée avait bu une sacrée tasse et je dus lui faire du bouche-à-bouche…
Sa bouche visqueuse et fraiche avait des parfums d’iode et de varech. Presque un goût de dentifrice homéopathique. Ses lèvres se réveillèrent en premier, comme si je lui insufflais la vie depuis les miennes. Puis sa bouche se mit en branle, comme un de ces éviers-aspirateurs qui équipent les cabinets de dentistes. Elle avala mon souffle mais aussi mes humeurs. Ma salive. Mes forces. Paralysé, je ne pouvais plus bouger. Ses chairs m’entourèrent, molles, flasques, maternelles, presque comme si elles voulaient me digérer ou du moins faire corps avec moi. Jusqu’à ses cuisses, double des miennes. Ses seins cyclopéens m’empêchaient maintenant de respirer et son sexe goba le mien comme on avale une vieille saucisse à un concours de hot-dog. Avant même de pouvoir donner un coup de rein libérateur, j’éjaculais en elle, déclenchant un tremblement de terre qui fit définitivement dérailler mon cœur. Elle jouit comme une baleine en mer de Cortez, roulant sur moi et m’écrasant de tout son poids. Puis, concentrée sur son orgasme inespéré qui revenait de la mort, elle m’oublia. Je suffoquais deux trois fois avant un dernier sursaut qu’elle prit en gloussant pour une dernière vague de sperme. J’étais mort. Lessivé.
Deux jours plus tard on me mettait en terre. Joli cimetière marin. Ifs et romarin. Sur ma tombe pleurée des pensées, des roses, des marguerites, une couronne et un joli bouquet de myosotis. Puis une bourrasque violente, une lame terrible. Pierre lessivée. Fleurs balayées. Sauf une anémone venue je ne sais d’où. Trois heures plus tard les fleurs étaient mille et digéraient le marbre gris. On entendit juste avant que le soleil ne meure à son tour dans l’océan le rire gras d’Anne-Aymone Demer, démone malheureusement pas morte en mer.
Alors un conseil, si au bord d’une plage vous voyez une grosse femme en danger, de grâce laissez la mer la submerger, puis l’éponger, surtout si vous reconnaissez en elle la dangereuse Anne-Aymone Demer…
 
 

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