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SEX-FICTION
Un blog de littérature coquine d’où les sérieux sont bannis, par George Lennick

Ce soir y’a pâtes| Les Penne

Penne
 

Les penne (prononcer péné et attention aux nez bouchés) sont comme leur nom l’indique des pâtes en forme de petits tubes. Stylos-plume, calamus opalescents de plume d’oie ou plus poétiquement pénis en bon Italien. Pas étonnant donc que cette écrivain, cette Pénélope dont je tairai le nom, en mange une double ration chaque soir que Dieu fesse.
L’Ogresse en transe commence invariablement par les ébouillanter. Dents de l’Ô ça l’est. Cent penne. Dans une marmite aussi grande que moi, bouillonnant encore plus que les chaudrons culottés de l’Enfer. Avec un splash d’huile d’Olive, vierge (pauvre, pauvre fille). Supplice de premier chrétien qui dure de dix à douze longues minutes. –Montée du désir- -Faim au ventre - - Odeur moite d’amidon -. Quand les nouilles sont cuites on les égoutte. Passe voir la passoire… Imaginez donc maintenant cinquante paires de nouilles s’égouttant en même temps… C’est déroutant ! Mais ça ne gêne pas outro mesure notre ogresse qui tout à l’heure fera des choses bien pires avec tous ces petits pénis ramollos…
Si la cuisson les a rendues trop molles, notre La Fontaine féminine passe les nouilles sous l’eau froide pour les raffermir et arrêter la cuisson. Si ça ne suffit pas, madame La Plume sait comme les relever. Un petit tour de moulin, une pincée par-ci, une par-là, et hop c’est épicé. Epicé ? Oui, on fermera une fois de plus les yeux sur les vices sus et les sévices tus de cette madone des gâteries et de la gourmandise réunies.
Un peu de sauce chère marquise ? Vous ne vous étonnerez pas que notre gourmande préfère les penne à la crème que les classiques à la tomate. Crème blanche grumeleuse qui remplit les petits tuyaux relevés à ras bord et qui gicle dès qu’elle les presse sous la dent. Sans peine. Cent penne. Cent petits orgasmes crémeux dont parfois sa bouche trop pleine laisse couler quelques gouttes… vite rattrapées par une langue experte. Avec un peu d’aïe et de Parme Zan, c’est l’Alfredo. Sa crème chérie. Son Alfredo qu’elle aime tant faire réduire et saucer jusqu’au bout… Poêle y compris. Mais attention ! Notre romancière égoïste est capable de vous surprendre et de prendre son pied à moitié plat. A fond les gamelles… Alors là tout s’envole, la serviette, la table, les couverts, les assiettes, les bonnes manières, la vieille passoire, la bouteille de Chianti et comme en Italie, tout cela finit par molto rires et molto cris…
-Bon. Madame La Plume, finissez le plat, les penne ça se réchauffe pas… et ça me ferait de la peine de devoir les jeter.
-Ma no, Giorgio chéri. Les penne ça peut se gratiner aussi…

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