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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

SEX-FICTION
Un blog de littérature coquine d’où les sérieux sont bannis, par George Lennick

Ivan Saisseur - Les Incocos Célèbres -

Ivan Saisseur
 

Fils de vrais staliniens qui ne crurent jamais aux camps, aux purges et au goulag, belles blagues, Ivan Saisseur fut élevé, shorts fauves et foulard rouge, entre les Jeunesses Communistes et la Communale. Comme-ci, comme-ça. Sans être toujours commode. Surtout quand on est un putain de sale gosse qui ne pense qu’au fric. Pourtant ses sept sœurs cadettes avaient, elles, été épargnées, si l’on peut dire. A part leurs cons de prénoms à la moujik, comme lui, vu qu’elles avaient hérité de blases de popov, asseyez-vous : Anya, Aleksandria, Akulina, Anushka, Aglaya, Agrafena et Galina, avec un G, puisque manifestement il n’y avait plus de A qui traine dans le calendrier des saints bolcheviques.
A sept ans, pourtant l’âge de raison, Ivan Saisseur vendait l’Humanité page par page, entubant les camarades illettrés qui étaient légion dans le parti. Bien sûr il fallait la complicité aussi imbécile qu’incroyable de ces pauvres nouilles rouges qui lui achetaient le canard page par page, presque plume par plume. Mais juste avant midi, le dimanche, à l’heure du p’tit rouge, le canard aux nouilles, pour des prolétaires qu’avaient toujours la faim au ventre, même à la page, ça ne paraissait pas du vol. Ivan Saisseur eut juste le temps de remplir deux ou trois tirelires avant que le chef de cellule ne le gaufre et ne lui sucre ses économies, sans lui laisser un kopek pour justement s’en acheter une, de gaufre au sucre, plaisir blanc de capitalistes pervers…
Ce camouflé lui fit doubler de haine pour les cocos (incluant haricots, drogues et noix de…), redoubler de haine pour les rouges (incluant haricots, vin et ses noix après la branlette) et quadrupler de haine pour les canards aux haricots au vin ou aux noix, selon le choix. A douze ans il s’inscrivit aux cannes de fer, par réaction, et c’est là qu’il rencontra un drôle de coco, un drôle de sang-bleu qui bouffait du coco au propre, la coco-blanche, et au figuré, les cocos-rouges. C’était un ancien légionnaire qui sentait l’intolérance, l’outrance et aussi le rance, Terence. Terence McRöe. Comme le poisson au vin blanc qui pue. Le Britt lui mit la bride sur le cou et lui refit vite fait son éducation. Des rouges, Ivan Saisseur avait acquis le sens du sacrifice, l’obéissance et la propension à prendre des coups. Des blancs il apprendrait à servir, à fermer sa gueule, à mépriser les petits comme lui et à rendre les coups coup pour coup. A se faire enculer aussi. Du moins au figuré.
A seize ans, il fit son premier coup tordu avec McRöe, l’attaque d’un fourgon blindé de la SNCF, tous cocos and co. Il eut comme les hommes sa part du butin : cent francs en coupures couvertes d’encre indélébile rouge (encore cette putain de couleur) et deux jours planqués dans un clandé d’une des plus belles avenue de Paris. Terence McRöe qui semblait être chez lui dans ce bordel, lui fit les honneurs de la cave, son premier champagne millésimé, les honneurs du premier, un dépucelage en règle dans les bras d’une russe blanche qui elle aussi bouffait du coco, de la coco et qui jouait comme Merlin du pipeau, et les honneurs du rez-de-chaussée puisqu’il monta la garde dans un canapé, pendant que les autres montaient les putes dans les étages supérieurs. Heureusement Rada, la ruskoff la plus belle du rade, vint le retrouver le second soir pour terminer le travail qu’elle avait commencé.
Quand McRöe apprit qu’Ivan Saisseur avait sept sœurs, il lui proposa franco de les lui acheter. Avec toute la finesse qui le caractérisait. Il lui expliqua qu’avec le nom qu’il se trimbalait, Ivan Saisseur, c’était écrit et donc déjà pardonné. S’il y avait une faute, c’était celle de ses putains de parents staliniens (plus t’es rouge, plus t’es con). Ils auraient qu’à du l’appeler Frédéric, Emmanuel ou Dominique Sasseur, non pas Dominique… Lui c’était qu’un exécutant… Ivan avait alors 19 ans et sept sœurs de 12 à 18 ans, sa chance. Comme elles étaient plutôt jolies, plutôt blondes, toutes aux jeunesses communistes et qu’elles portaient des prénoms à la mords-moi-le-nœud, Terence lui en offrit un bon prix pour le lot, bien qu’il n’y ait eu que très peu de vierges… (Il récupéra tout de même une carte hebdomadaire pour une passe avec Rada, sept mille francs en billets rouges, et un Solex 3800). Ivan Saisseur sauta sur l’occasion et débarrassa ainsi la capitale de sept cocos forcenées, puisqu’elles furent expédiées dans un bordel superclasse à Tanger. Au service du peuple marocain et des marins de passage, dans cette si jolie petite cité balnéaire bourrée de colons revanchards.
Chaque lundi, jour des amis, il allait donc faire l’amour à Rada dont il était tombé follement amoureux. Ce putain de Terence McRöe le savait. Un soir il eut le malheur de se confier sur l’oreiller, à Rada en riant, un peu paf à cause du Cordon Rouge, et il déballa pêle-mêle ses exploits, ses plans sur la comète puis avoua la vente de ses sœurs à Terence McRöe. Il imaginait, pauvre naze, ses petites sœurs en nuisettes faire des galipettes sous les palmiers, dans une espèce de harem avec des princes arabes bien éduqués, comme l’idiot de Lybie alors qu’elles se tapaient le tout venant, du pauvre étudiant aux frères musulmans. Rada qui semblait écouter d’une oreille distraite, le suça gentiment, puis elle lui passa les menottes, chevilles et poignets, lui promettant des délices d’un autre monde. Curieux, Ivan Saisseur laissa faire la suceuse. Le mat dressé. La tempête annoncée…
Rada avait maintenant un coupe-chou à la main. Il ne savait pas pourquoi, mais il n’aimait pas l’idée d’être à la merci de cette pute qui lui souriait à moitié. Il lui demanda de le détacher mais elle lui répéta qu’ils allaient bien s’amuser… Elle commença par lui raser les poils du pubis. Il râla un peu car il avait peur que ça fasse tapette. Puis elle coupa les quelques poils aventureux qui grimpaient sur sa bite. Ivan entendait le crissement de la lame sur son sexe et la peur mêlée à l’excitation lui firent avoir la plus sauvage érection de sa courte vie. Elle lui rasa enfin les couilles, sans savon ni blaireau. Ivan se sentait cent fois plus blaireau que savant. Il suait à grosses gouttes… Il paniquait et ses roubignoles remontèrent dans les bourses, comme pour se cacher. Trop tard ! Alors qu’elle avalait Popaul jusqu’à la glotte, elle en tenait une délicatement dans le creux de sa main, comme un œuf fragile de petit oiseau. La bouche pleine, elle lui demanda subitement, avec une voix d’ange suceur de bite qui roulerait les r :
-C’est quoi le prénom de ta pétité soeurrr, Ivan chérrri !
-Ga-Galina Rada chérie…
Elle cracha son pénis comme une saucisse pythonisse. Il sentit la lame froide le caresser, puis  décrire un cercle, puis un ultime coup sec comme quand on sectionne une corde tendue. Rada tenait dans sa main sa couille gauche. Une olive rose dans une marre de sang. Pourrr Galinetta la pôvrrrre ! - Il cria comme un dément en l’insultant de tous les noms de putes de la sainte Russie et du Maghreb réunis, mais personne ne pouvait l’entendre because le capitonnage grand luxe de la suite cardinale. Les menottes tenaient bon aux barreaux du lit. Le lit tenait bon au mur, vissé pour le ramdam… Elle posa le rouston sanglant sur son ventre et prit le droit dans sa main, répétant exactement ses gestes comme pour le gauche. Y’avait déjà du vermeil partout sur les draps…
-Pas de jaloux, Ivan chérrri ! L’autre glaoui pour la pauvre Aglaya…
Il crut mourir et s’évanouir. Roustons en offrande sur le nombril. Maintenant elle le masturbait en répétant le nom de ses sœurs. De grands coups furieux, comme on arme un canon scié, jusqu’à la garde, qui lui arrachaient à chaque fois un bout de frein sous le gland. Il éjacula à Akulina. Sans le vouloir. Alors Rada lui coupa à ras le sexe désormais inutile en criant Venge-toi Agrafena, un simple coup appuyé de la lame, et elle lui fourra le boudin sanguinolent dans l’anus en crachant Anya, c’est ça... Elle bavait de colère. Les yeux exhorbités. Elle allait le tuer… Puis, alors qu’il criait à s’en décrocher les mâchoires, dans une miction immonde de sperme et de sang, elle lui fourra ses couilles rouges dans la bouche en forçant bien sur Aleksandria et Anushka, jusqu’à ce qu’il vomisse son acte de naissance.
Ivan Saisseur passa l’arme à gauche de douleur ou d’étouffement. Personne ne le saura jamais. Terence McRöe se chargea du nettoyage, ni vu ni connu, un sac à la décharge, ou plutôt il manda une de ses nouvelles recrues. C’était un gamin déçu du communisme. Il avait quatorze quinze ans à peine. Il s’appelait Vlasi et reluquait déjà la croupe généreuse de Rada, dommage, il n’avait que trois petites sœurs…
 

 

 

 

 

 

 

 

14 August 2008 - Aucun commentaire
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Henri Gaullan de Leschelles | Les Inconnus Célèbres |

Henri Gaullan
 

Quelque fois, la vie n’est pas si simple que ça, et un rien vient la compliquer. Lorsque Jean Gaullan de Leschelles rencontra Renée-Marie des Grains, la fille de Pierre comte des Grains, avare manifeste et avatar d’inceste, tout le monde pensait qu’ils allaient faire un beau couple et qu’ils étaient promis à un avenir sans nuages… Que nenni !
Déjà le faire-part de mariage paraissait byzantin. Renée-Marie des Grains voulait garder son nom de jeune-fille et y accoler le patronyme de son époux, comme cela se fait chez ses lointains parents au sang blanc d’Espagne, mais l’accouplement des deux blasons, si je puis me permettre, donnait Renée-Marie des Grains-Gaullan de Leschelles, et là ça le faisait plus, sauf pour snober les étrangers qui auraient pas capté la langue de Molière. La future union faillit ne pas résister à cette première glissade et c’est la première fois qu’on entendit Jean Gaullan de Leschelles gueuler haut et fort sur sa fiancée toute retournée : elle était marrie Renée. La raison aidant, elle décida, mais à contrecœur, d’adopter la forme Renée-Marie Gaullan de Leschelles-des Grains, ce qui sonnait bien mais faisait un tantinet ampoulé ou manant, c’est selon, surtout au moment de la récolte des noix, d’autant plus que chez eux elles étaient grosses, les noix… Ah ! Ces noms à la noix ! Elle était furibarde, l’arrière petite-fille du porteur de hallebardes d’Henri (zette) VII, dit l’Espingouin, dit le Jovial.
Quant à lui, Jean Gaullan de Leschelles y perdait un peu son équilibre et son efficacité légendaire. La préparation du mariage et cette pucelle des Grains qui n’arrêtait pas de l’énerver sans encore rien lui donner, tout ça lui faisait tourner la tête. Et quand on est un Gaullan de Leschelles, qu’on voit d’un peu plus haut que les autres, vu la hauteur de l’arbre généalogique, et qu’on zieute surtout le décolleté plongeant de Renée-Marie et qu’elle ne parle que de vite résoudre ces problèmes d’accouplements, il en avait la gaule qui s’échauffait, se dédoublait, qui gaulait comme deux gaules, tu parles Charles, qui le déséquilibrait, au risque de le faire tomber, de Leschelles. Il n’avait plus qu’une idée en tête : vite gauler la des Grains, ce fléau, Renée-Marie couche-toi là, et la fesser cul-nu, qu’elle voit qui donc porterait la culotte…
Finalement le mariage se fit, tout à la joie de la belle famille sans que Pierre comte des Grains ne mette main à sa bourse, double bonheur et temps gagné pour son confesseur. De son comté, Jean Gaullan de Leschelles avait glané assez d’amandes pour payer très tôt Tréteau le traiteur et très tard le têtard qui se tartinait le bénitier. Par contre la nouvelle Renée-Marie Gaullan de Leschelles-des Grains ne manqua pas de mettre au plus pressé la main aux bourses de son jeune époux, puisqu’ils avaient décidé par contrat de faire bourses communes. Jean Gaullan mérita son nom dès le soir des noces, puisque la gaule durait depuis des siècles, et de Leschelles grimpa sa jeune épouse quatre fois de suite, barreau raide et solide, comme la réputation de sa noble famille. Heureuse, elle lui fit au petit matin deux de ses spécialités généreuses qui infirmait le fait que les des Grains étaient honteusement économes, une branlette espagnole jusqu’au-boutiste, recette héritée de ses ancêtres aux seins blancs et doux comme deux connils, puis de la gorge – à la gorge, une pipe royale de saint Claude, de la gorge à la dégorge, tradition transmise par des joueuses de cornemuse et des porteurs de hallebardes complices. Comme il lui remit le couvert une fois de plus en grand seigneur, même pas par derrière pourtant à ce moment-là il aurait pu, elle lui en fit même deux, des fellations bonbons. C’est donc Jean Gaullan de Leschelles deux pompiers qui se réveilla au petit matin, alors qu’il venait d’ensemencer ses grains dans la des Grains. Le sillon refermé de frais était profond et humide, protégé des vents par un buisson roux et touffu, pourtant il réalisa que c’était pas l’automne. Dommage pour la chasse. Les grains bien au chaud ne pouvaient que germer. Le monde était beau, la vie un vrai délice et l’avenir radieux.
Neuf mois plus tard, Renée-Marie Gaullan de Leschelles-des Grains donna naissance à un beau garçon qu’elle avait décidé de prénommer Henri, comme son ancêtre Sept le Jovial. Jean Gaullan de Leschelles lui fit remarquer que comte Henri Gaullan de Leschelles pouvait prêter à sourire, même chez certains éditeurs chafouins, elle lui rétorqua sèchement qu’elle venait de souffrir le martyre, qu’Henri était à 50% des Grains et que les des Grains ne prêtaient à rien, surtout pas à rire, et qu’en l’honneur du roi d’Espagne elle en avait décidé ainsi. Pas moyen de négocier. Elle lui laisserait choisir le prénom de leur second enfant et lui permit d’amorcer la pompe à lait de ses seins blancs, régal rare, passe de deux comme toujours. Henri Gaullan de Leschelles devint un poupon jovial qui raffolait des poupes généreuses de sa mère et qui gaulait comme ses ancêtres mâles, au grand plaisir de son père. Une certitude : le comte Henri Gaullan vivrait en rigolant.
Lorsqu’une petite fille naquit deux ans plus tard au foyer des Gaullan de Leschelles, le père qui avait fêté ça plus que de raison la déclara sous le nom de Zizi, Zizi Gaullan de Leschelles, d’après le nom d’une danseuse célèbre qu’il avait gaulée à Chelles (Seine et Marne), en canotant sur les bords de la Marne. La pauvre Renée-Marie, au retour de couches long et difficile, eut beau lui dire que nommer sa fille Zizi Gaullan pourrait la traumatiser à vie, la rendre gousse ou nymphomane, trop facile à dessiner en tous cas, elle n’eut pas gain de cause. De toute façon c’était trop tard Zizi était baptisée. D’un coup de sécateurs, Henri Gaullan de Leschelles venait de rompre à tout jamais les liens sacrés du mariage et il n’y aurait plus de fruits de chair issus de leurs péchés.
Zizi Gaullan de Leschelles devint une jolie jeune fille à la cuisse plus leste qu’une catin. Elle se fit gauler par toutes les hallebardes du canton, souvent sur une échelle (mais où donc nichons-nous les fantasmes qui nous habitent). Henri Gaullan s’en fichait, ça le faisait même bien rire cette sœur aux cuisses et mœurs de grenouille car c’était lui qui vendait ses charmes, oui, il aimait engranger comme son grand-père comte des Grains, et il pouvait maintenant vivre sur une grande échelle. A Chelles. Puisque c’est lui qui se tapait maintenant la fameuse danseuse depuis que son père Jean Gaullan de Leschelles avait descendu d’un cran.
La vie n’est-elle pas bien faite au monde des puissants ?
 

 

12 August 2008 - Aucun commentaire
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Marcelle Molles | Les Inconnues Célèbres |

Marcelle Molles
 

Marcelle Molles était embarrassée. Enfin, non, plutôt le contraire. Elle était bassinée, emmerdée. Sacrément emmerdée même. Car depuis son trip à Cuba, elle avait la tripe molle et le sphincter inefficace. Ella avait la turista. La courante. La colique. La chiasse. La caquesangue. La cliche. La débâcle. Enfin une vraie diarrhée carabinée. Elle avait tout essayé pour y remédier, trucs de grands-mères, herbes à lapins, gadgets de pharmaciens, bouchon de fourre-derrière, dernières poudres de perlimpinpin issues de la recherche spatiale, rien n’avait réfréné l’écoulement anarchique de son flot merdique et elle avait même dû être rapatriée sanitaire, au sens propre, justement dans les sanitaires de l’avion qui eux ne sentirent pas le propre longtemps…
Oh ! Son frère Ila-Habib lui avait bien dit… Marcelle, toi Marcelle Molles et Cuba… Je le sens pas. Refuse ce voyage. Ne vas pas là-bas, j’ai un mauvais présage, avec ces prénoms à la con dont nous ont affublé nos parents… N’était-il pas d’ailleurs lui-même atteint d’impuissance chronique, Ila-Habib Molles, depuis le jour où cette grognasse mal baisée lui avait dit sur un ton ironique :
-Pas étonnant que t’arrives pas à triquer avec ce nom de chiffe molle ! T’as plus que le Conseil d’Etat pour retrouver ton bois !
Il n’arrivait plus à remonter la pente, alors que la pauvre Marcelle se liquéfiait de l’intérieur et partait en sucette dans la cuvette de toutes les chiottes qu’elle pouvait squatter, en évitant les turques pour la couleur des pieds. C’était pas la première fois que ça lui arrivait car elle avait déjà choppé la revanche de Montezuma au lac Titicaca, le TG tract en Australia, la Trotski en Sibérie, la Kaboulite à Kaboul, le Gyppy tummy dans le Pendjab, la Casablanca crud au Maroc, le Turkey trot à Istambul, le Hong Kong dog en Chine, le Barsa belly en Catalogne, l’Aden gut au Yémen, le Delhi belli à Bollywood et la Djerbienne à Djerba bien sûr… Autant dire qu’elle était sujette aux flux alvins et autres entérites, la pauvre Marcelle Molles, hôtesse de l’air de son métier.
Elle rentra donc de Cuba en indisponibilité dans les toilettes des deuxièmes classes à la queue de l’avion, toilettes exigües sur la porte desquelles on avait aussi affiché Indisponibilité. Les pauvres voyageurs au rabais ne se plaignirent pas tant de l’absence d’une des deux toilettes (pour 250 personnes ça occasionna quelques bouchons – comme quoi les toilettes se tapent aussi les différences de classes), mais ils râlèrent surtout pour les effluves de chiottes qui irradiaient l’air à peine respirable toutes les douze à quinze minutes, l’un d’eux avait chronométré. Et les explications comme quoi à Cuba on ne pouvait vidanger les blocs sanitaires le jour de la saint Fidel ne satisfirent personne, surtout pas les dissidents un peu chiants qui dans l’avion se la pétaient déjà.
Marcelle Molles souffrit neuf heures d’affilée sur le siège, à faire des bulles comme le Pape, mais pas en latin, plutôt marron-jaunâtre, l’anus en feu, la culotte et le moral en bas des chevilles. Elle vomit trois fois à cause de l’odeur, et quand elle arriva à Roissy, elle dut attendre encore une demi-heure que les passagers en colère veuillent bien quitter l’avion, ça bouchonnait au portillon, si bien qu’elle en sortit avec un beau lumbago, cinq kilos en moins, la lunette des toilettes imprimée au plus profond de ses chairs et le trou de balle comme en vacance au bord de la Mer Rouge.
Ila-Habib Molles était de méchante humeur. Mais pourquoi donc le faisait-elle caguer cette pétasse ? Il vint quand même la chercher à l’aéroport, non sans avoir couvert les housses des sièges de la 404 des plastiques d’origine, prudence, on ne sait jamais. Il se souvenait cruellement qu’elle n’avait pu arriver à la maison à son retour du lac Titicaca, le bien nommé… alors Cuba ! Déjà qu’elle était courte sur pattes. Cette chieuse qu’il avait pourtant prévenue avant le départ… Lorsque Marcelle Molles récupéra ses bagages elle lui lança un :
- J’espère que la voiture n’est pas garée au P ! Ni au Q !
Ila-Habib lui rétorqua sèchement qu’elle était à l’R, au grand R,  grâce à Dieu, et il enchaina sur :
-Mais pourquoi donc as-tu l’air si constipée quand tu rentres du boulot ? Ça te fait pourtant plutôt chier de voyager, non ?
Elle décida de ne pas lui répondre, elle voyait sur quel terrain glissant et nauséabond il voulait l’emmener, et elle hâta le pas vers les toilettes dames. Il attendit comme un toutou, regardant le plafond et le cul des femmes qui en sortaient. Par réflexe. Puis, Marcelle Molles, encore plus légère, prit sa valise, sans dire un mot, et elle se dirigea vers le R. Les fesses serrées comme un étau au travail. Deux grosses marques rouges lui barrant le gras des cuisses. Foutu métier. Ça allait pas être de la tarte de la tenir jusqu’à la maison…
Sur l’A 9, le trafic était fluide. Y avait peu de vents. Sur le périphérique Ouest, rien de nouveau, on annonçait des bouchons.
 

 

11 August 2008 - Aucun commentaire
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Mickey Mousse - Les Célèbres Méconnus -

Mickey Mousse
 

Mickey Mousse, c’est un drôle de julot qui en fait n’est qu’une souris. Et de plus, j’ai comme l’impression qu’il aime pas réellement les souris, le Mickey Mousse. Il a pourtant une voix de petite souris, des petits shorts rikiki, il porte des gants jour et nuit, un peu comme Mickael Jackson son grand ami… Oui ! la tapette (non, pas le piège à petites souris grises), la tapette grise qui marche à l’envers sur la Lune. La Lune nouvelle en son premier quartier. Et comme lui, Mickey aime les petits mousses. Et pas que les bonbons. Foutu animal qui mérite son nom. On dit même qu’il va tout le temps au tonneau. Et dans le tonneau y’a quoi ? Hein, y’a quoi pour Mickey Mousse ? Eh ben oui ! Y a un mousse… Allez ouste ! Mickey Mousse, raton cochon, s’active comme un chaud lapin et décharge à la va-vite toute sa mousse dans le trou plein du tonneau. Et derrière ce trou plein, il y a le trou du cul du mousse à Mickey. Et à Mickael qui se fait appeler Mickey mon biquet ? Vous suivez ? Alors maintenant y’a Mickey qui mousse, qui mousse. Et qui remplit le tonneau au mousse à Mickael… Mais souris, scélérat, Mickey n’est pas rat et il offre souvent sa tournée de mousse. Lui aussi il sourit : Qui veut une p’tite mousse sur le compte à Mickey. Mousse ?
Mais toi, ami, crois-moi, mousser sur les mousses c’est pas bien. Range-toi des tonneaux, Mickey. Pour te dilater la rate, Mickael, pour te faire mousser, n’oublie pas qu’y a encore des souris qui te grisent, celles qui bougent bien du cul et qu’ont des seins animés. Et ça c’est autorisé.
Moralité : Y a que les vrais hommes qui pour Mickey Mousse disent « Ney »…

10 August 2008 - Aucun commentaire
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Marie-Hélène Lapipe - Les Inconnues Célèbres -

Marie-Hélène Lapipe
 

Marie-Hélène Lapipe, voisine de chambre discrète, glissait sa tête sous mes draps tous les soirs, dès qu’elle m’entendait rentrer. Polie, elle tapait trois petits coups à ma porte pour s’annoncer – si j’avais une fille le loquet était tourné – puis elle avançait dans le noir, petits pas de souris, ça va ?, s’agenouillait, et sans rien me demander de plus, elle passait sa tête sous mes draps, trouvait ma queue au premier coup, la branlait avec doigté, la léchait avec application comme une petite fille suce un sucre d’orge, puis l’engouffrait. Une fée… Je crois qu’elle aimait par-dessus tout ce moment magique où le sexe endormi se réveille et triple ou quadruple de volume, because la chaleur de la langue, le rond appuyé des lèvres et la tétée bruyante genre génisse goulue.
Marie-Hélène Lapipe faisait les meilleures pipes du camping, du village, du canton, du département, de l’Occident. Les yeux clos. Toute à son œuvre. Sainte fée l’action. Pas scions. La bouche transcendée en sexe habile. Marie-Hélène Lapipe. Honneur à son nom. Elle aimait tellement ça que votre bite subjuguée se transformait elle aussi en Jésus, que l’élévation était instantanée, que le miracle se faisait, que sa bouche aux lèvres ingrates devenait grâce et nirvana, que la soie miraculeuse de ses muqueuses vous enroulait le zob pour vous faire décoller, que tous vos sens siégeaient alors dans ses quelques centimètres et c’est tout, que le sac et le ressac indubitable de ses lèvres vous rinçait le congre, roi des cons et des grottes marines, et que vous entendiez subitement la mer, les flots en furie, la tempête dans sa bouche exploser, un jet à 100 000 millibars mille millions de sabords, la tête envolée dans les étoiles, l’autre plus que nettoyée, parfois un bruit suspect d’évier en train de se déboucher, puis calmé comme un bébé après la tétée, elle vous léchait les couilles, les mâchouillait, les roulait sur sa langue et vous torchait l’anus jusqu’à vous entendre ronfler.
Alors Marie-Hélène Lapipe, fière de son pompier grand luxe, le prodige réitéré, se rinçait la bouche d’un coup de manche ou à l’évier, se lavait la main gauche qui s’était égarée adroitement entre ses cuisses, jusqu’à chercher des larmes, toussotait, se remettait les cheveux en forme, puis elle se regardait droit dans le miroir fané, un sourire de satisfaction éclairant son visage ingrat d’insomniaque et se disait :
-Marie elle aime la pipe. Marie-Hélène Lapipe… C’est du pareil au même. C’est bien d’assumer…
Alors, auto-récompensée, rassurée sur son identité, sur son talent, elle m’envoyait un baiser. Puis elle se cassait. Jamais sa pudeur n’avait osé me toucher une autre partie du corps que le sexe.
Je n’ai jamais vu son visage de jour. Je ne lui ai jamais fait l’amour. Je ne l’ai jamais même touchée. Je ne lui ai jamais dit merci Marie. Pas plus que des oui !… La seule chose que je peux affirmer c’est que Marie-Hélène Lapipe m’a fait pendant cent jours les cent meilleures fellations parce qu’elle aimait ça plus que tout, parce qu’elle avalait ça comme du petit lait et qu’elle était nettement plus douée que la moyenne des suceuses du dimanche. Marie LM, comme je la surnommais, Marie LM Lapipe est restée bon N°1 au Hit-parade des grandes sucettes pendant des années, jusqu’à ce qu’une vraie geisha (à deux mille dollars la nuit), vingt ans plus tard, ne vienne la détrôner.
Marie-Hélène Lapipe, voisine de chambre du camping Marina, toi qui glissais ta tête sous mes draps tous les soirs, dès que tu m’entendais rentrer… Laisse-moi, aujourd’hui, enfin, te remercier.

9 August 2008 - 2 commentaires
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Véro Lay - Les Inconnues Célèbres -


Véro Lay



2h du mat. Pas loin de la fermeture et j’avais toujours pas trouvé une bonne tringle à ramener à la maison. Faut dire que j’avais quarante ans bien tassés et les minettes de cette boite auraient toutes pu être mes filles… J’avais déjà éclusé deux bouteilles de champ… Blasé. Et puis surprise, des fois le ciel vous aide, le D.J. Barjo met une série de slows, sans doute pour me voir frotter ou parce que je l’ai bien arrosé. Nights in white satin, Aline, It’s a man’s man’s world… que du sur-mesure, du cousu-main, du custom made. Je prends deux trois vestes par des pétasses qui savent pas ce qu’elles perdent, puis une lolita finit par accepter. Elle se cale au creux de mon épaule et je commence mon jeu de bassin qui les rend folle. « George Lennick, il est bionique ! ». (Oui, poupée, je tire toujours deux coups à la suite, recto, verso, si tu vois ce que j’veux dire…). A Je t’aime moi non plus elle en peut plus des agaceries et je sens son pubis proéminent qui cherche à décapsuler ma bouteille de coca. Manque plus qu’un bain d’huile pour que la vitesse se passe toute seule. Laisse-moi t’aimer de Mike Brandt et c’est sa langue qui vient rechercher ma langue. « Je m’appelle Véronique mais je préfère que tu m’appelles Véro » dit-elle entre deux pelles menthe poivrée de bien belle nature. Elle est jolie, bien fichue, sent bon le tiaré-vanille-coco et est outrageusement maquillée, comme pour une télé, j’aime les poufiasses, mais ce qui m’attire en premier c’est son décolleté plongeant. Y’a là-d’dans de quoi jouer sans en faire le tour en un tournemain. Elle me colle avec ses seins refaits, deux obus de bronze dressés qui semblent vouloir s’éjecter de sa robe, un balcon fripon à rendre jaloux les plus beaux suspendus de Venise. Ça tombe bien car sur Una storia d’Enzo Ramazotti je lui glisse mon nez entre les nénés, vallée édénique, et elle me glisse à l’oreille qu’elle est italienne par sa mère, raison pour laquelle elle est chaude comme une braise à peine tombée de l’Etna. Surtout ce soir qui lui rappelle de bons souvenirs (de baise je suppose). Ça finit en Décadance, vas-y que j’te retourne, et certains pourraient s’imaginer qu’on tire vraiment sur la piste.
Fatigué de rouler des pelles comme un collégien, je lui propose de l’emmener justement dans ma tire, une Targa. Elle accepte en plongeant entre mes jambes et me suçant le poireau dans le noir. « J’avais peur que tu ne sois pas à l’aise si tendu, c’est pas grand une Porsche… » me dit-elle en souriant, plus blonde que jamais, la bouche encore pleine de fils de moi. Brave fille qui aime la conduite sportive et les chemins glissants !
Je la prends dans mes bras pour entrer chez moi, elles adorent ça. Une répétition de mariage avec défloraison de tous les orifices.
-Non ! N’allume pas la lumière… Je préfère dans le noir…
Je file à la salle de bain rafraichir un peu Popaul, bien qu’il ait eu droit à un nettoyage de printemps, zut, y’a plus de préservatifs, puis Véro prends ma place pendant que je nous sers deux scotchs. J’aime pas les chattes qui se sont trémoussées toute la nuit, surtout qu’elle avait pas mal chauffé comme les doigts de ma main droite l’avaient méticuleusement constaté pendant le voyage.
-T’as un préservatif dans ton sac de Barbie, Véro chérie ?
-Non Giorgio, mais j’ai pas fait l’amour depuis six mois. Promis, juré. Je suis super clean. Pas toi ?
Je baise jamais sans capote mais là j’avais trop envie, sa voix de Minnie me semblait sincère et puis elle avait encore ma bite à la bouche et c’était reparti… je renversais le scotch en la renversant sur le canapé. Y’a des moments où le sang doit se barrer du cerveau pour aller engorger le poireau. Y’a des moments où le patron c’est le casque rose qui a une envie subite de spéléologie. Et le reste suit… d’autant plus qu’après une chevauchée de bidet elle avait la chatte au poil.
Marvin Gay lui faisait secouer le bassin comme une reine, la gosse était douée, dommage qu’elle ne nique pas plus souvent, Véro, alors je la choppais comme si j’avais passé un an sur une ile déserte, je la tournais et la retournais dans tous les sens, la gosse était docile, légère et souple et dans certaines positions je ne regrettais pas d’avoir ma bite sans emballage, surtout pour les transitions et les fignolages. Elle devait avoir de bonnes notions d’anglais car sur mes coups de reins à la bucheron, elle soutenait la cadence en gueulant des fuck, fuck, fuck, autoritaires auxquels je répondais élégamment par des Véronique, nique, nique pas moins joviaux
J’ai la mémoire qui flanche mais je crois qu’on a fait l’amour jusqu’au petit matin (je soigne mon organe à érections mais pas mon organe à souvenirs). La dernière fois, oui je m’en souviens, elle se cachait la tête dans les draps et elle m’offrait sa croupe de pouliche pleine, un cul comme je les aime, haut, ferme, tout en muscles et bien large à l’entrejambe, faisant ressortir sa vulve bien dessinée que j’avais proprement polie et fais mousser come une résurgence panier percé. Il ne me restait plus qu’à lui prendre le petit si gentiment offert, comme un calice en pleine élévation, puisqu’elle avait mis un gros coussin sous son ventre. Je l’enculais à sec, enfin j’avais juste un peu craché sur son verre de montre pour ne pas nous arracher, et j’ai toujours en mémoire ses cris de petit animal pris au piège, étouffés par l’oreiller complice. Et attaché par des menottes roses aux barreaux du lit. Faut c’qui faut.
Je me réveillais avant elle et j’eus la peur de ma vie. Véro était vérolée. Une horreur. Son visage était couvert de gros cratères… Grêlé ô rage, ô désespoir ! Des tonnes de fond de teint maculaient draps et oreillers, comme de vulgaires traces de merde, peut-être y avait-il des deux, et ces cratères me donnaient envie de vomir. C’est vrai que je ne l’avais jamais vue en pleine lumière. Merde ! Quel con j’étais ! Je sautais du lit et je me passais la bite à l’eau oxygénée. J’avais oublié que j’avais eu un gommage anal sérieux (j’étais presque à vif), et je faisais des bons d’un mètre. Puis je me rinçais pendant dix minutes, vidant deux gel-douche en un seul coup. Je jurais comme un charretier sans capote pris sous un orage et foudroyé…
Véro pleurait sur mon lit.
-C’est à cause de ma peau… Tu crois que je t’ai refilé la vérole ! C’est toujours pareil… J’en ai marre, je ne peux sortir que la nuit… J’aurais du te prévenir hier soir… Mais ce n’est qu’une acné mal soignée… Juré…
J’étais là, comme un rond de flan, à mi-chemin entre la colère et le câlin. Malgré tout la peur de devenir pareil, et en plus privé à jamais de sexe, me fit péter un boulon. Je la jetais sur le trottoir après lui avoir appelé un taxi. La gosse était résignée. Ça ne devait pas être la première fois. Pas bégueule, elle me dit avoir pris son pied toute la nuit et me donna sa carte de visite.
-Rappelle-moi dans six mois si aucune maladie ne s’est déclarée… Je ne suis pas rancunière et j’aime danser… les grosses bites, les hommes murs et les bons petits ramoneurs qui conduisent des Porsche aussi…
Sonné, je lui disais que oui, peut-être, pourquoi pas et je refermais la porte. Je regardais machinalement sa carte avant de la jeter… Son nom de famille était Lay ! Véro Lay… Sacré nom d’une pipe ! J’aurais du m’en douter.
 

Moralité : Si vous ne connaissez pas le nom de famille de votre partenaire, sortez quand même couverts. Moi j’ai eu de la chance.

7 August 2008 - 1 commentaire
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Ella Jolicon - Les Inconnues Célèbres

Ella Jolicon
 
Quand vous vous appelez monsieur Jolicon, que vous venez d’être l’heureux papa d’une jolie petite fille bien potelée et que vous allez la déclarer à la mairie, même si c’est la volonté de la maman, quand bien même elle serait morte en couches, il faut être un sacré brin de joli con pour prénommer sa fille Ella. Non ?
Eh bien c’est quand même ce que fit Gaston Jolicon malgré l’avis du préposé à l’Etat Civil, Apollon Baisecourt, un pas puissant qui souffrait lui aussi de son nom à la con. Surtout que ça lui avait développé un complexe qui l’empêchait de… mais ce n’est pas son histoire dont je voulais vous parler ici, mais plutôt de celle de la petite Ella Jolicon, la bien nommée.
 

Si l’expression « les filles naissent dans les roses » pouvait s’appliquer à une chose, c’était bien à la petite Ella qui venait de naître… Son troufignon mignon n’était que bouton et pétales encore clos que seul un poète aurait pu entrevoir comme rose en devenir et mettre quelque argent comptant sur ce joujou en baccarat. Son papa n’y avait vu qu’une fente de plus, un de ces trucs mal finis pissant moins franc qu’un robinet de mec, d’ailleurs c’était sa troisième fille et lui il voulait un p’tit gars, un coq et pas une autre poule, un couillu pas une pisseuse, alors Ella ou elle a pas, ça lui passait un peu au-dessus du béret. Et là le préposé n’eut qu’à enregistrer, Ella.
 

Ella Jolicon se développa lentement, comme se bâtissent les chapelles des femmes et les cathédrales consacrées. Elle-même ne savait pas ce qui se passait entre ses cuisses car dans sa famille on ne se regardait pas trop ce qu’il ne fallait pas se regarder because les péchés. Et puis son papa parlait des fendues comme on parle d’un bec de lièvre disgracieux, honte et compagnie (y’a-t-il un zoophile in the family), longue cicatrice mal empaquetée, heureusement que la dite cramouille se tapissait d’ordinaire sous de larges culottes, et merci mon dieu d’avoir caché tout ça sous un tablier de sapeur, une couche de poils drus plus sombre que le charbon, frisés comme un mouton noir, preuve du ciel que cet endroit-là l’était pas catholique, voire sale peut-être…
Pourtant son petit cousin croyait avoir aperçu un Jésus rasé de frais en jouant au docteur. Et il était tombé à genoux. Pas loin de saint Cope. Et il avait imploré tous les diables, tous les lutins et tous les saints. Et il avait fait dans sa fente des choses pas catholiques comme on fait dans les bénitiers. Des ablutions et des signes de croix. Et Ella sentant le diable avait crié et son papa avait foutu une sacrée branlée au petit détraqué… Des signes de croix je t’en foutrais… C’était le premier con que Jean-Baptiste Jolicon voyait en vrai de sa vie et il en devint maboule au point de baver comme un escargot dans une mine de sel et de se frapper la tête sur les murs en tirant une langue de six pieds. A l’image de son sexe tendu comme une arbalète prête à tirer. On l’enferma. Consigne et croix.
Voyant que son minou même pas apprivoisé pouvait faire un tel effet sur le premier benêt, elle s’y intéressa de plus près. Elle trouva un petit miroir approprié (en forme de O et muet comme une carpe), et s’aperçut qu’elle pouvait se contorsionner, presqu’à se le mettre sous le nez. Non, ça ne lui rappelait pas l’étal du poissonnier… ou alors très légèrement un fumet de belles langoustines fraiches qu’elle avait une fois dévorées au restaurant. Un régal iodé. Elle découvrit son joli con millimètre par millimètre et alla de surprise en surprise. Qui une vallée humide, qui un gouffre serré, qui un bouton croquignolet timide et caché, qui de jolies lèvres renflées et par endroits si joliment ourlées, comme un papillon rose prêt à s’envoler… mais pas si timide qu’un vrai papilionacé puisqu’il se laissait caresser. C’était un vrai terrain de jeu pour petite fille raffinée, un tremplin rigolo et glissant pour un merveilleux doigté de fée. Elle aima son joli con, Ella Jolicon, terrain de fouilles nocturnes, et elle en oublia toute fausse pudeur.
-        Serre tes cuisses Ella, on te voit encore la moule ! En plus qu’on va manger de la raie…
Que son père était vulgaire ! Que cette famille était moche. Moche et attardée ! Souvent elle boudait… Alors elle se mirait le minou et se mettait à ronronner… Puis le temps passa. Un joli duvet  blond lui couvrit de Vénus le mont. Elle trouva que ça faisait chic et grande et pensa que maintenant elle pourrait de nouveau essayer un garçon. Un normal. Un qui bave pas.
C’est le petit Raymond qui le premier lui branla le con. Il était trop brusque et y allait à tâtons… C’était excitant d’un côté… mais de l’autre il s’y prenait comme un manche. Elle, elle rêvait d’un manche d’aviateur, outil plus sûr pour atteindre les hauteurs… Et comme Ray rêvait de devenir plombier, alors elle le largua avant qu’il ne se vidange dans sa main. Intuition féminine.
Ella se régala avec Darry Crawl, un nageur qui lui plongea d’emblée entre les cuisses, comme à la piscine. C’était un bouffeur de moule qu’avait pas besoin de respirer. Pour commencer, cinq minutes en apnée, à faire le canard apprivoisé. Elle en était toute retournée… Mouillée jusqu’à mi-cuisses comme quand elle pêchait les écrevisses, puis mouillée jusqu’aux yeux qui les cons pleuraient tout seuls de joie. Y avait même plus de branches auxquelles se raccrocher… Faut dire qu’il était noir et qu’il avait une langue de fourmilier, une truffe à la place du nez, des idées de cochon mal élevé, des tentacules à la place des bras, une précision millimétrique d’horloger et des lèvres souples de cheval, même que des fois il faisait le même bruit lèvres contre lèvres, dans le sens du poil, et que ça la faisait hennir. Elle le quitta à regret car pour une première première fois elle avait un peu peur de son objet pas du tout souple, mais de cheval quand même. Puis elle le regretta vraiment.
Ella essaya bien une fille. Mais se frotter la moule, jambes croisées, comme deux limaces hystériques qui se prendraient pour des mille pattes, ça lui faisait moins d’effet qu’à sa copine et lorsqu’elle dut faire minette à sa chatte noire comme Satan, elle se sentit pas et refusa l’obstacle : non son con était fait pour les gros cons, pas pour les petites connes…
Un loulou un peu marlou prit sa chatte en photo. De loin, de près, par devant, par derrière, debout, à quatre pattes, allongée, une cuisse en l’air, en rase-motte, en piqué, en plongée, avec et sans pellicules, au flash, à contre-jour, avant et après… C’est comme cela que je l’ai trouvée. Pas net sur le Net. Puis je l’ai contactée. Elle a aimé ma plume… Je lui ai dit qui j’étais, Georges Lennick, écrivain tout-terrain, amateur de beautés. Je lui ai ouvert mes pages, gratos, elle m’a ouvert ses cuisses, gratos aussi. Je me suis mis instantanément à baver et à cogner ma tête, mais pas contre les murs… Ça lui a probablement plu et depuis ce jour-là j’avoue que j’en suis un peu gaga…
 

 

 

 

6 August 2008 - Aucun commentaire
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Justin Peticoup - Les Inconnus Célèbres -

Justin Petitcoup
 

Croyez-vous franchement que ce soit aisé de contenter son ad-j’ointe quand on se nomme Justin Petitcoup ?
Eh bien, laissez-moi vous dire qu’avec un peu de ténacité et d’amour propre on peut arriver à changer le cours des choses. Oui, le court des choses. Justin Petitcoup en est un exemple vivant. Vivant et déjà vu l’acteur précoce.
Justin Petitcoup (surnommé l’hombre qui tire encore plus vite que son ombre), Justin Petitcoup donc, avait pris une bien mauvaise habitude, un mauvais pli, bien que ça lui ai pas mal rapporté d’autre manière, en remportant tous les concours de branlette, du collège au lycée, et de la caserne à l’arrière salle du café du TGV, celui en face de la gare, face au guichet rapide. Oui, car depuis ses douze ans, Julien provoquait tous ses congénères en duels singuliers, le premier qui crache, départ les mains sur les cuisses, comme un vrai duel à Hollywood… Et il arrivait à ses fins à une vitesse à vous scotcher : une seconde vingt pour tomber le pantalon et le slip dans un même geste cent fois étudié, plus une décharge d’adrénaline qui en moins de temps encore se transformait miraculeusement en testostérone, ce qui faisait que Justin Petitcoup bandait déjà comme un taurillon alors que son adversaire était encore en train de dégrafer son premier bouton. Puis il faisait une dizaine d’allers-retours magiques, plif-plaf – j’te crache dans la pogne - l’accordéon rose, comme un tour de passe-passe, du grand art et tchac… le colosse à peine raidi giclait, floc, la pièce était gagnée, le tour était joué, gling-gling par ici la monnaie, mouchoir s’il vous plait, alors que l’autre benêt était encore mou comme une plaque de beurre au soleil de juillet, même plus la peine de se tripoter..
Ah il en avait épaté des tas de gogos qui voulaient se mesurer la bite ! Il en avait battu des fiers à bras qui se croyaient si forts que ça ! « Et en plus je colle la grosse mouche au plafond… », Des Hercules qui dépassaient la minute… Des colosses qui en mettaient même deux… à deux mains…. Des lambins du machin. Des flemmards du dard. Des retardés du développé-jeté. Des perdu d’avance…
Puis un jour, comme tout un chacun, il rencontra une chacune. La première fois qu’il l’embrassa, il déchargea dans son pantalon au premier baiser sur la joue, rien qu’à l’idée, gratos quand même, et débanda avant qu’elle ne s’encanaille à lui mettre la mimine sur la braguette, si bien qu’elle crut qu’elle ne le faisait pas bander, même qu’elle demanda des conseils de bonne femme à sa grande sœur qui en avait vu des tas vu qu’elle avait déjà seize ans résolus et la main plus douce que ces herbes en peau de satin et en oreilles de lapin. La seconde fois la gamine mimine fut plus rapide, sentit avec fierté l’aigle prendre son envol, sentit un peu d’humidité suite à deux ou trois contractions fulgurantes et un regard de Justin Petitcoup à la con, puis sentit l’aigle regagner illico son nid, le cou cassé et la plume sale, la superbe coucouche-panier alors que l’autre con se tirait sur son vélo, en danseuse, sans doute pour aller se changer le bénard mouillé et se décoller les bonbons du papier…
Justin Petitcoup continuait néanmoins à gagner des concours et à surprendre son monde. La plus surprise fut la fille à Patique qui lui offrit sur un coup de tête sa virginité. Il avait fait quelques progrès et supportait les baisers, même les plus longs. Mais quand vint le moment de la pénétrer, là, étendue comme un cadavre sans défense, l’entrejambe chaude comme une braise blanche, le cœur gonflant ses veines bleutées, son gland n’avait pas dépassé les premières lèvres entr’ouvertes qu’il cracha sa purée dans la forêt de poils déjà mouillés, je vous raconte pas le merdier… La noiraude s’en alla toute penaude, toute frustrée et toute souillée. Le barbu comme passé au blaireau et attendant trop longtemps le coupe-chou fainéant, mousse à raser liquéfiée en éjaculat jaunâtre sans nom…
Sa seconde saillie fut tout aussi mémorable, il n’arriva qu’à dépasser les petites lèvres, et la petite Bouducon, qui venait de refermer ses cuisses frustrées sur une giclée fugace, n’arrivait pas à comprendre comment ce pauvre Justin Petitcoup pouvait avoir une si grande aura chez les garçons et une si petite ardeur avec les filles, vu qu’elle avait discuté suite à ça avec la fille à Patique qui cherchait tout à l’heure un autre dépuceleur qui irait jusqu’au bout…
Justin Petitcoup passa par tous les états d’âmes, pas loin du toubib, pas loin de la dépression, avant qu’une furtive ne lui glisse un soir à l’oreille, sans faire plus de bruit qu’une fauvette babillonne : « et si on tirait juste un p’tit coup, Justin Petitcoup ? ». Il la sabota luxueusement en deux minutes moins douze secondes. Elle en fut ravie car un feu intérieur fâcheux la faisait hurler si un rigolo s’amusait à trop la limer… La pauvrette avait une de ces maladies à fleur de peau qui lui avait choisie le pot comme QG. Cul Gratouilleux… C’est comme si elle était sans cesse assiégée par des fourmis rouges aussi impudiques qu’insatiables. Alors la rapidité de Justin Petitcoup devenait une bénédiction pour ses démangeaisons à la con au con. Une lance d’incendie nettement mieux que la bombe à chantilly toujours trop froide… Un applicateur de pommade chaude et apaisante à l’ergonomie conforme. Une fantaisie empressée entre la météo et le JT. Une friandise subite entre la poire et le fromage. Une gourmandise zélée entre le second et le rez-de-chaussée. Un passe-temps vite-fait au feu rouge récalcitrant. Une complicité expédiée au bénédicité. Un merci bien mon Lapin, ça fait du bien… Monsieur Branlette, sans concurrent, s’imposait en amant édifiant de mamzelle Gratouillette…
Ils s’aimèrent des millions de fois sans faire de mal à la pendule. Mais un jour, Justin Petitcoup lui intima : « Retourne-toi que j’t’encule… ».
Que croyez-vous qu’il arrivât ?
 

 

 

 

 

5 August 2008 - Aucun commentaire
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Anna Burna - Les Inconnues Célèbres -

Anna Burna
 

 

Elle avait la fesse nord abrupte et pourtant j’envisageais sérieusement de faire avec elle une première par le couloir encore vierge. Pas facile avec un seul piton, jamais utilisé… Elle, elle s’en faisait une montagne… Mais laissez-moi tout d’abord vous narrer le début.
 

Nous étions le 3 juin 1950, encore des… encore des enfants. Moi, Maurice Herzob, parigot tête de veau, dix-sept ans et toutes mes dents, elle, jolie avec ses dix-huit ans, Anna Burna, une Alpine de Geval. Nous étions en vacances d’été dans cette colonie des PTT,

la Poste d’autrefois, puisque nos pères étaient facteurs à bicyclette, comme dans la chanson de mon temps. C’était juste après-guerre, en noir et blanc, l’air des lampions, Peppone et Don Camillo, flonflons et accordéon, et on découvrait à peine les bienfaits de la gymnastique, du grand air, de la presque nudité, de la social-démocratie et des exercices corporels en groupe. En croupe on disait en imitant un peu fort l’accent guttural des ex vainqueurs vaincus.
 

Quand j’étais arrivé à la colo, aussi blanc qu’un névé, j’avais remarqué d’emblée le teint halé d’Anna et devant sa beauté je m’étais dit que je luis toucherais bien deux mots, et les roberts et les cuisses et les miches et le reste si affinités. Quand la nuit tombée je pensais que je dormais à deux tentes d’elle, je m’excitais comme un dingo australien derrière sa clôture de 9000 km et je me finissais dans le duvet qui crachait du duvet d’oie comme il neige rarement sur l’Annapurna.
Anna Burna prenait sa douche tous les soirs à dix-huit heures, réglée comme du papier à musique, et je me serais fait fée ou petite souris pour pouvoir mater sa nudité ou la séduire d’un coup de baguette magique. Je m’imaginais ses cuisses galbées et dorées jusqu’à la trace du short règlementaire. Je voyais son dos glissant et plein de mousse. Je croquais ses seins comme deux pêches plus pâles à la taille de mes mains. Je dessinais aussi sa petite touffe noir de jais, luisante sous la douche, et j’imaginais mal ce qui suivait entre les cuisses, ce tunnel qui noircissait mon âme et qui me faisait surgir à l’aplomb de ses fesses, en plein soleil, un peu aveuglé mais ravi, la gaule raide comme le bâton de berger qui ne me quittait plus.
 

Le 2 je me suis retrouvé de corvée de pluche avec elle, et je suis tombé amoureux de ses yeux et de ses mains, bien que je fusse déjà amoureux de tout le reste, oui surtout du reste. Elle s’est présentée et s’est subitement intéressée à moi. La petite Italienne rêvait de Paris. Je lui ai donné Paris. Je lui ai fait faire le tour de la capitale en fermant les yeux. Puis, je ne sais pas encore avec quel courage, je l’ai embrassée sous le pont de l’Alma. Un petit baiser du bout des lèvres, peureux, timoré, furtif et sec. Elle m’a demandé « et sous le pont Alexandre III ? Est-ce plus long ? » avant d’aller chercher ma langue dans un baiser spéléologique qui m’avait fait péter un bouton de braguette…
Le soir du 2 nous avons fait un feu de camp et nous nous sommes embrassés à nous gercer les lèvres. J’ai pu lui toucher les seins, sans les voir, mais je me suis pris une taloche avant de dépasser l’élastique de sa culotte Petit-bateau. Elle m’a effleuré le sexe mais j’ai bien noté qu’elle le mesurait délicatement entre extrémités du pouce et de l’auriculaire, l’empan pour les ignares. Est-ce que mes vingt et un centimètres lui firent peur ? Moi je pensais que 21 me porterait bonheur… Quand elle me planta là, je fus désemparé et allais me coucher la bite sous le bras.
Je dormais du sommeil du juste quand je sentis une main moite me tripoter la bite. Il faisait nuit noire mais la lune me permit de bien vérifier que ce n’était pas Jean-Do qui refaisait son coup du somnambule qui avait marché avec trois d’entre nous.
-C’est moi – me murmura-t-elle au plus creux de l’oreille.
J’avais déjà senti son eau de Cologne mais comme l’instant était aussi magique qu’inespéré je ne mouftais pas et restais immobile, bouche-bée, en apnée.
Je ne tins pas plus de deux minutes et je lui lavais les mains avec un bon décilitre de foutre à grande teneur de spermatozoïdes, vu qu’à l’époque le contenu de nos bourses n’était pas attaqué par les pesticides, les solvants ou le tabac. Pendant que j’éjaculais en grandes saccades désordonnées, elle me faisait un bouche à bouche de pompier maniaque tout en agitant comme une folle la main libre entre ses cuisses.
Je joignais religieusement ma main à la sienne pour découvrir un monde marin inconnu, une éponge humide, une moule géante un peu poilue, un bigorneau dur comme ma bite, une anémone bi ou quadri valvulaire tiède comme un lagon polynésien, une grotte ou plutôt un gouffre étroit dans lequel je comprenais d’instinct que si je continuais ma pêche pécheresse, je m’engouffrerais probablement avant le lever du soleil.
Elle me fit lever et nous allâmes dans sa tente. Ses copines avaient eu la délicatesse de s’en aller. Deux bougies ajoutaient de la magie au mystère. Elle se déshabilla en riant de moi. Elle m’embrassa longuement, me déshabilla et plongea sa tête entre mes jambes pour la première fois. Je l’imitais et nous réinventâmes le 69. J’en oubliais même de la baiser. Le soleil se levait et j’étais plein d’elle quand elle me fit comprendre que le moment était venu de l’honorer…
-T’as déjà fait l’amour toi ?
Non, ni moi, ni elle. Mais je la pénétrais encore un peu coincée. La troisième fois que nous fîmes l’amour ce fut le sommet. Anna Burna ne lâchait plus mes burnes. Je me laissais délicieusement abuser. Mon zob était her zob. Sa chatte était herminette.
C’était le 3 juin 1950.
Le soleil en se levant léchait de sa langue rose le piton fatigué. C’était mon premier 8000. J’avais planté quatre fois de suite le drapeau français au plus haut des sommets. Sûr que demain je ferai la une de tous les journaux et que je rendrai tous les copains jaloux, moi, Maurice Herzob, premier vainqueur inespéré d’Anna Burna…

2 August 2008 - 1 commentaire
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Robert, Sabine Allaire - Les Inconnus Célèbres -

Robert, Sabine Allaire
Ça on peut dire qu’ils s’étaient trouvés ! Et qu’ils s’aimaient ! Robert Allaire et Sabine Aussy. Ils s’envoyaient si bien en l’air qu’ils s’étaient mariés à la fin de leur premier été. C’est comme ça que Sabine Aussy devint Sabine Allaire, l’épouse de Robert. Allaire.
Sabine avait toujours les roberts à l’air. Et Robert sa pine à l’air.
Faut dire qu’ils étaient naturistes et qu’ils passaient depuis 1969 les vacances à la Grande Motte, grande touffe sans rapport avec le barbu de Sabine qui maintenant ressemblait plutôt à un ticket de métro poivre et sel passé à la machine à laver par accident.
Sabine avait toujours les roberts à l’air. Et Robert sa pine à l’air.

1999. Sabine avait maintenant les roberts, toujours à l’air, mais pas loin de trainer par terre. Des gants de toilette de boxeurs qui a raccroché, flasques, brinquebalants, couvrant sa bedaine. Des mamelles africaines vides et peintes à la chaux. Comme de gros œufs d’autruche à moitié cuits dont le jaune aurait tourné en aréoles vieux rose fané, des baudruches avec lesquelles on voudrait plus jouer.

Sabine avait toujours les roberts à l’air. Et Robert sa pine à l’air.
Avec ou sans Sabine, Robert balançait sa pine à l’air, toute la journée, tel le balancier perpétuel d’une vieille pendule qu’on toise. Tel un zeppelin dégonflé lassé par les yeux et les ans, déshabilité en inébranlable. Tel un Zan que sucerait plus maman. Tel une vieille source du Zambèze qui serait à sec. Ou encore telles des roubignoles plus drôles qui danseraient la carmagnole, des bourses aux cordons distendus qui se prendraient pour des yoyos, des m’as-tu-vu…
Sabine avait toujours les roberts à l’air. Et Robert sa pine à l’air.
Z’avaient pas l’air de vieux cons car ils se foutaient du qu’en dira-t-on. Z’étaient plus heureux, z’étaient pas non plus malheureux. Faisaient chier personne. S’en balançaient et vivaient de l’air du temps, Sabine et Robert  Allaire.
Sabine avait toujours les roberts à l’air. Et Robert sa pine à l’air.
-Ça n’a pas l’air d’aller fort Mame Allaire, hein msieur Robert ?
Un jour maudit de 2009 il fallut mettre Sabine en terre. Fini les roberts à l’air. Robert Allaire la déshabilla comme la première fois, il l’embrassa, même les roberts qu’avaient plus l’air, même les roberts à terre, atterré, puis Robert qu’avait pas l’air se fit péter le carafon, comme un chien  couché sur sa dépouille. Il était nu, défiguré, on lui reconnaissait plus que les couilles. L’avait la cervelle à l’air, le Robert. Les burnes aussi. Il avait payé pour être incinérés, ne pas être mis en terre, car ainsi, merci mon dieu, Sabine aurait toujours les roberts à l’air et Robert sa pine en l’air… En chœur…
Sabine aura toujours les roberts à l’air.  Et Robert sa pine en l’air
                                                                                                                      Deo Gratias

1 August 2008 - 1 commentaire
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